A la suite du remaniement du gouvernement Suminwa intervenu récemment, le coordonnateur de l’ONG Amis de la Nature et des Jardins (ONJ), Jean Mangalibi a partagé ses attentes et ses préoccupations concernant la nouvelle autorité en charge du ministère de l’Environnement, développement durable et nouvelle économie du climat (MEDD-NEC). Lors d’un entretien accordé à Vers Vert-infos, mardi 19 août, Jean Mangalibi a fait le point sur les défis qu’attendent Marie Nyange Ndambo.
Tout en saluant l’engagement de l’ancienne ministre du MEDD, le coordonateur de l’ANJ a exprimé sa déception face à la gestion passée, en la jugeant peu concluante. « Elle a laissé plusieurs projets inachevés, notamment le projet biaisé d’un milliard d’arbres, initié par le Chef de l’état », a-t-il affirmé.
D’après cet acteur de la société civile, ce changement est un nouveau vent qui permettra à la population de soigner les maux vécus dans le passé et s’améliorer afin de vivre dans un environnement sain et propice à l’épanouissement de tous les congolais en général et les kinois en particuliers.
Jean Mangalibi voit dans l’arrivée de la nouvelle ministre, une opportunité de corriger les erreurs du passé. Il est convaincu que Marie Nyange s’investira pleinement pour relever les défis environnementaux de la RDC. Il s’agit notamment de préserver les acquis du pays, de renforcer sa capacité de négociation sur la scène internationale et de sauver les sites en danger. À cet égard, le coordonnateur de l’ANJ cite l’exemple du domaine de la Nsele.
« Je crois que sur sa table, elle trouvera le dossier de la Nsele révélé par son prédécesseur sous l’impulsion du Chef de l’Etat, afin de récupérer ce qui a été spolié par certains dirigeants », a-t-il ajouté.
D’après Jean Mangalibi, la société civile environnementale jouera un rôle essentiel en accompagnant la nouvelle ministre.
« Nous travaillerons main dans la main pour faire de la RDC la première réserve stratégique que nous allons valoriser pour l’intérêt des congolais et de la planète », a-t-il souligné. Cet accompagnement sera faisable par le biais de dénonciations et d’expertises, visant à améliorer la sphère environnementale.
Les défis sont particulièrement pressants à Kinshasa surtout. À cet effet, le coordonnateur de l’ANJ a mentionné la construction de la Cité du fleuve sur une zone humide, un projet qu’il juge inapproprié. Il a également l’insalubrité et la nuisance sonore ainsi que visuelle, considérant que la capitale congolaise est le premier chantier pour Marie Nyange Ndambo.
Par ailleurs, Jean Mangalibi a insisté sur l’importance pour la nouvelle ministre de travailler en étroite collaboration avec les gouverneurs de toutes les provinces, affirmant que le MEDD-NEC est un « pilier du développement de la RDC ». Il a conclu en rappelant que la pollution et le désordre qui règnent librement à Kinshasa ne permettent pas d’espérer un réel changement.
« Aujourd’hui, avoir un arbre est moins important qu’avoir un panneau publicitaire à Kinshasa », a-t-il regretté.
Bertin Al-bashir
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