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Aires protégées : Couloir Vert Kivu-Kinshasa au cœur d’un débat entre les parties prenantes

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Dans son mot de circonstance, Marie Nyange a fait savoir que le succès de cette réserve repose sur la triptyque conservation, justice sociale et développement durable. Elle a en outre souligné que la protection de la nature doit bénéficier directement aux populations locales, tout en louant l’implication de la société civile dans les questions environnementales congolaises, et particulièrement du CVKK.

«  La société civile doit être l’alliée active de l’État dans la mise en œuvre du CVKK. Elle doit exiger des engagements mesurables, suivre les résultats et proposer des solutions pragmatiques et innovantes. La justice sociale doit garantir les droits fonciers, les savoirs et les voix des communautés locales et des peuples autochtones », a martelé la Professeure Marie Nyange.

Le Directeur général de l’Institut national pour la conservation de la nature (ICCN) a rappelé que parler du CVKK, « c’est parler du développement durable de la RDC, mieux, de l’amélioration de plus de 31 millions de congolais, de la protection de plus de 100 mille km2 de forêts vierges et de la création de plus de 500 mille emplois, dont au moins 20 mille emplois destinés aux jeunes, hommes et femmes, démobiliser les groupes armés », a déclaré Yves Milan Ngangay.

Pour sa part le Secrétaire exécutif de la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et l’action publique (CORAP), organisation membre de R-EDH, Emmanuel Musuyu a souligné la nécessité de prendre en compte les intérêts des communautés locales.

« Les travaux que nous organisons sont dans l’intérêt des communautés locales, et nous espérons que les recommandations qui sortiront de ces assises vont positionner ces communautés et la société civile seront prises en compte par le gouvernement dans la mise en œuvre du Couloir Vert  ».

Et d’ajouter: « Nous étions contents d’entendre la ministre de l’Environnement mettre l’accent sur la consultation et l’implication des communautés locales, ce qui est une bonne chose. Mais au-delà de ça, le problème réside autour de la coordination de l’ensemble de l’initiative et de la participation de tous les acteurs : quelles sont les stratégies qui sont mises en place pour qu’un cadre de concertation soit effectif de sorte que le Couloir vert Kivu Kinshasa soit bénéfique à la population congolaise », a-t-il insisté.

De son côté, Me Blaise Mudodosi, Coordonnateur de l’ONG Actions pour la promotion et la protection des des peuples et espèces menacés (APEM) est revenu sur le bien-fondé de cet atelier national convoqué par la société civile, mettant aux prises le gouvernement qui a créé l’aire protégée, la société civile, le secteur privé et les bailleurs de fonds.

« Pendant trois jours, nous allons partager les informations sur cette nouvelle réserve qui existe depuis janvier 2025, la première au monde en termes de superficie. La société civile qui a convoqué cet atelier veut échanger toutes les parties prenantes afin de voir comment capitaliser cette initiative, qui constitue non seulement une opportunité, mais aussi une menace, étant donné que des dispositions devraient être prises en amont (…) », a souligné Me Blaise Mudodosi.

Il convient de noter que le décret N˚25/01 du 15 janvier 2025 créant le Couloir vert Kivu-Kinshasa prévoit l’organisation des consultations en vue d’élaborer un plan de gestion et des stratégies visant un développement économique durable. Dans ce sens, le CVKK a pour objectif, de concilier le développement économique de la RDC tout en favorisant la conservation, les droits des communautés locales et l’utilisation durable des ressources naturelles (…).

Lors deson intervention, Me Augustin Mpoyi, Directeur exécutif du Conseil pour la défense environnementale par la légalité et la traçabilité (CODELT) a soulevé les préalables qui devraient être pris en compte avant la création de cette aire protégée.

« La création du Couloir Vert est une décision du gouvernement qui avait été prise mais sans respect de certaines exigences légales. C’est notamment les études d’impact environnemental et social, les enquêtes publiques, les inventaires (…), ce qui n’était pas faisable dans le contexte de la RDC de voir le projet du CVKK être concrétisé parce qu’il y avait tous ces obstacles liés à la loi. D’où l’option de la révision de la loi n*11/009 du 9 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement, comme choix pour lever tous les obstacles légaux en créant une série d’exceptions  », a renseigné Me Augustin Mpoyi.

Signalons que parmi les objectifs poursuivis par la société civile congolaise dans cette initiative, il s’agit notamment d’assurer la compréhension commune du Couloir Vert Kivu Kinshasa et ses textes légaux et réglementaires, soutenir les réflexions pour assurer l’inclusion multi-acteurs dans l’opérationnalisation du CVKK. Il s’agit également de formuler des recommandations aux différentes parties prenantes qui jouent un rôle clé dans la mise en œuvre du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, ainsi que d’identifier les contributions spécifiques de la Société civile dans le suivi et le monitoring du CVKK, afin d’assurer la redevabilité de l’approche.

La clôture de ces travaux interviendra le jeudi 9 octobre avec des recommandations pertinentes sur cette aire protégée à vocation de réserve communautaire.

Ruben Ns Mayoni

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