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Exécution budgétaire 2024 : l’Odep dénonce un déni de la souveraineté sociale

Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) sont un ensemble d’objectifs mondiaux adoptés par les Nations Unies en 2015, dans le cadre de l’Agenda 2030, visant à transformer le monde. Ces objectifs couvrent un large éventail de défis mondiaux, notamment la pauvreté, la faim, la santé, l’éducation, l’égalité des sexes, l’eau propre, l’énergie, le travail décent, l’innovation, les inégalités, les villes durables, la consommation et la production responsables, le climat, la vie aquatique, la vie terrestre, la paix et la justice, et les partenariats.

Pour atteindre les ODD, les gouvernements doivent mettre sur pied des politiques adéquates dans différents secteurs, et particulièrement celui des finances publiques. Car dit-on, « faites-moi des bonnes finances, je vous ferai des bonnes politiques ».

Ainsi, les finances publiques concourent à la réalisation des tous les ODD, encore qu’elles doivent être des finances propres au service du développement durable.

Fort de cela, les organisations de la société civile congolaise scrutent, dans les moindres détails, la gestion des finances publiques par le gouvernement de la République pour le développement des Congolais.

Le dernier exemple en date est celui de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), qui a publié début juillet 2025, un rapport intitulé: 65 années après l’indépendance, l’exécution du budget de l’État continue de refléter un déni profond de la souveraineté sociale, en marginalisant le rôle du peuple comme moteur, acteur et véritable bénéficiaire du développement national.

Dans ce document de 23 pages, l’Odep relève des graves faiblesses de la gouvernance budgétaire et des finances publiques qui ne reflètent pas les droits des Congolais garantis par la constitution, ni les engagements gouvernementaux inscrits dans la loi des finances 2024.

Ce que l’Odep qualifie de mauvaise gouvernance continue de privilégier la logique administrative et la souveraineté institutionnelle au détriment de la souveraineté sociale, c’est-à-dire, de la place du peuple avant tout comme moteur, acteur et bénéficiaire du développement et de la justice distributive.

Pour l’Odep, l’exercice budgétaire 2024 de la République Démocratique du Congo s’inscrit dans un contexte post-électoral délicat, caractérisé par des attentes sociales pressantes, une tension sur la trésorerie publique, et une pression accrue sur les gouvernants en matière de redevabilité. Au lendemain des élections générales de décembre 2023, le nouveau cycle institutionnel a hérité d’un budget ambitieux, censé traduire les engagements politiques en actions concrètes.

Volume du budget 2024

Rappelons que la Loi de finances 2024 a été adoptée sous la loi n°23/056 du 10 décembre 2023. Elle a reposé sur une enveloppe globale de 37 366 milliards de francs congolais, (soit 14,7 milliards de dollars US) articulée autour d’une promesse présidentielle de transformation structurelle de l’économie.

Comme l’indique l’exposé des motifs du texte budgétaire : « Ce budget vise à améliorer les conditions de vie de la population à travers des investissements massifs dans les secteurs sociaux et productifs, en renforçant la gouvernance et l’efficacité des institutions publiques ».

L’Odep a évoqué la Cour des comptes dans son rapport de 2022 qui a souligné que « la performance budgétaire ne se mesure pas uniquement à travers le respect des plafonds votés, mais à la capacité de transformation des allocations publiques en résultats tangibles pour les citoyens ».

Dans ce document qui porte la signature du Professeur Florimond Muteba, Président du Conseil d’administration de l’Odep, cette analyse se veut à la fois un outil de veille citoyenne, un instrument d’alerte pour les décideurs publics, et un levier de plaidoyer pour une réforme budgétaire en profondeur.

Elle appelle également à replacer le budget de l’État dans sa vocation première : servir le développement, garantir les droits sociaux fondamentaux, réduire les inégalités territoriales et renforcer la redevabilité dans la gestion des ressources publiques.

Pour plus de détails sur le document, prière cliquez ici.

Ruben Ns Mayoni

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