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À seulement quelques jours de la trentième Conférence des parties (COP30) sur le climat au Brésil, les initiatives se multiplient en République Démocratique du Congo pour porter un message commun et coordonné. Ce lundi 27 octobre à Kinshasa, s’est tenu un atelier national sur les enjeux du changement climatique et l’expansion pétrolière en RDC.
Placé sous le thème « Renforcer les engagements climatiques de la RDC pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré », cet atelier visait à créer un espace de dialogue national entre décideurs, scientifiques, société civile et communautés locales. L’objectif était d’analyser la cohérence des politiques économiques et énergétiques du pays avec ses engagements climatiques, en amont de la COP30.
Me Willy Elua a présenté le contexte général de l’exploitation pétrolière en RDC, en soulignant les impacts environnementaux et sociaux que ces projets pourraient engendrer. Il a rappelé les recommandations faites aux autorités congolaises pour suspendre les projets d’exploration et d’exploitation pétrolière au profit d’alternatives durables et respectueuses du climat.
L’ingénieur Pépito Sakasaka, énergéticien et environnementaliste, s’est dit satisfait de ce cadre d’échange qui aborde à la fois le secteur énergétique – hydrocarbures inclus – et l’environnement.
« J’ai compris que l’objectif ici est de favoriser l’équilibre de l’écosystème. Nous avons donné nos orientations, car nous militons pour une exploitation rationnelle de nos ressources pétrolières. Nous avons également présenté des recommandations pour que cette COP ne soit pas une COP touristique, mais que la RDC puisse y porter une communication qui valorise à la fois son secteur forestier, son potentiel environnemental et les aspects liés au secteur énergétique », a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : « Nous avons parlé du renforcement des capacités des membres de la société civile sur les questions énergétiques, y compris les hydrocarbures. La société civile doit être suffisamment informée. Nous avons également évoqué la mise en place d’un fonds pour les générations futures dans le secteur des hydrocarbures, pour répondre aux questions sociales. »

Dans un contexte où des multinationales exploitent le pétrole dans le bassin côtier depuis plus de cinquante ans, la RDC fait face à d’importantes contradictions. Le pays reste l’un des plus vulnérables aux effets du changement climatique, tout en étant l’un des moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Selon les organisateurs, à Muanda, Perenco REP et ses alliés exploitent toujours sous le régime de conventions datant des 9 et 11 août 1969 – en terre (ONSHORE) et en mer (OFFSHORE) – et non sur la base de la loi 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures. Cette situation entraînerait d’importantes pollutions avec des conséquences environnementales graves, causant des dommages et des violations des droits des communautés locales, ainsi que des impacts socio-économiques et sanitaires majeurs.
Organisée par la structure Notre Terre Sans Pétrole, cette assise a connu la participation des ministères sectoriels (Hydrocarbures, Énergie, Plan, Finances), de scientifiques et chercheurs, d’organisations de la société civile, de confessions religieuses, de médias, de communautés locales et peuples autochtones pygmées.
Bertin Al-bashir




