Dans une dépêche dont une copie est parvenue à versvert-infos, Greenpeace a appelé les délégués des Etats partie à faire de la CoP30 un moment charnière : mettre fin à la destruction des forêts et combler d’urgence l’écart vers l’objectif 1,5 °C.
« La CoP30 doit marquer un tournant décisif. On ne peut plus traiter la protection des forêts, la sortie des énergies fossiles et l’adaptation comme s’il s’agissait d’un menu au choix. La crise climatique avance sur tous les fronts; notre réponse doit être ambitieuse, courageuse et immédiate », a déclaré Carolina Pasquali, Directrice Exécutive de Greenpeace Brésil.
Déjà, lors du Sommet des dirigeants jeudi 6 novembre en prélude de l’ouverture officielle de la CoP30, le président du Brésil, Lula Da Silva avait indiqué : « la COP30 doit découler sur des feuilles de route concrètes pour inverser la déforestation et surmonter notre dépendance aux énergies fossiles. Le signal politique est donné ; à présent, il faut agir. Le monde attend plus que des déclarations : il attend un leadership fort qui se traduit en décisions. Mettons fin à la déforestation d’ici 2030, accélérons la transition vers les énergies propres, renforçons l’adaptation pour une meilleure résilience, et assurons que les financements qui rendent tout cela possible soient disponibles. L’ère des demi-mesures est terminée ».
Avant d’ajouter: « Si Belém veut entrer dans l’histoire, cette CoP doit être celle de l’action et de la mise en œuvre : transformer les promesses en trajectoires, l’espoir en planification et le leadership en responsabilités partagées ».
Demandes de Greenpeace à Belém
À l’occasion de cette conférence sur le climat, Greenpeace international a formulé quelques demandes aux dirigeants du monde et aux participants. Il s’agit notamment d’un plan de réponse globale pour combler l’écart vers l’objectif 1,5 °C et accélérer les réductions des émissions dès cette décennie ; d’un plan d’action « Forêts » sur 5 ans pour renverser la déforestation d’ici 2030.
Il s’agit également des avancées sur les engagements financiers des pays développés, notamment à travers le principe « pollueur-payeur » pour financer la réduction des émissions, l’adaptation, les pertes et préjudices dans les pays en développement.
« De Kinshasa à Belém, notre message est clair : pour que l’objectif de 1,5 °C soit réaliste pour l’Afrique, il faut financer les forêts et les peuples qui les protègent. L’argent doit arriver sur le terrain, là où il fait la différence. Les forêts sont une priorité vitale. Le Tropical Forests Forever Facility (TFFF) doit reposer sur des dons, pas des prêts », a lancé Murtala Turay, Directeur des programmes de Greenpeace Afrique.

Canaliser les fonds vers les PA et Colo
Pour Greenpeace, au moins 20% des fonds doivent aller directement aux peuples autochtones (PA) et aux communautés locales (Colo), avec un plan de mise en œuvre dans les 12 prochains mois. L’organisation souligne que le financement n’a d’impact que si on arrête les destructions: pas de nouveaux projets pétroliers ou gaziers dans le Bassin du Congo; pas d’exploitation agricole, minière ou forestière industrielle dans les forêts intactes, tout en protégeant les tourbières.
« Le Fonds pour les pertes et dommages doit fonctionner dès maintenant, et être financé selon le principe du pollueur-payeur, notamment grâce à une taxe sur les surprofits des industries fossiles », explique Murtala Turay.
« Dans un contexte géopolitique chaotique, la CoP30 doit montrer que l’unité mondiale et l’engagement multilatéral pour le climat restent la seule voie de sortie. Les objectifs d’émissions pour 2035 dérappent dangereusement, et les alertes sur un possible dépassement du seuil de 1,5 °C se multiplient. Les gouvernements doivent regarder cette réalité en face et combler l’écart d’émissions qui se creuse en prenant des mesures décisives sur les énergies fossiles, afin de garder l’objectif de 1,5 °C à portée », a déclaré Tracy Carty, experte des politiques climatiques à Greenpeace International.
« Après le fiasco sur les objectifs collectifs (NCQG) l’an dernier, la CoP30 doit découler sur des avancées concrètes en faveur de la finance pour l’atténuation, l’adaptation, les pertes et préjudices dans les pays en développement. Cinq géants de l’industrie du pétrole et du gaz ont cumulé près de 800 milliards de dollars de profits en dix ans. A eux de payer pour l’action climatique! La COP30 doit livrer des avancées concrètes et poser clairement le principe du pollueur-payeur », a-t-elle renchéri.
« Ici, à Belém, l’histoire peut s’écrire. Mais seulement si nous nous engageons à faire de la COP30 une COP à la hauteur de l’enjeu. C’est maintenant », a conclu l’experte Tracy.
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