Dans un communiqué publié vendredi 22 mai en marge de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité, dont une copie est parvenue à Versvert-infos, l’ONG Juristes pour l’environnement au Congo (JUREC) appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo à mettre tout en œuvre. Le document intitulé : « De la nécessité de renforcer le rôle des provinces et des entités territoriales décentralisées dans la gestion et la conservation de la biodiversité en République Démocratique du Congo», met en lumière le thème de l’année 2026 à savoir : « Des actions locales à l’impact mondial », rappelant les grands changements qui commencent à petite échelle, dont le succès de toute planification en matière de biodiversité, en l’occurrence le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal de 2022, vise à inverser la tendance de la perte de biodiversité.
Pour l’ONG JUREC, la journée du 22 mai milite pour la sensibilisation du public à lutter contre l’appauvrissement continu et l’érosion de la diversité biologique dans le monde.
« Cette journée vise à réaffirmer la volonté des Etats à préserver la diversité biologique, d’utiliser rationnellement les éléments qui la composent et d’assurer un partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques, notamment en permettant un accès approprié aux ressources génétiques et le transfert approprié des technologies correspondantes, sous réserve que tous les droits sur ces ressources et technologies soient respectés, et au moyen d’un financement adéquat », peut-on lire dans le communiqué.
L’ONG JUREC soutient le postulat selon lequel, les actions isolées menées ça et là peuvent avoir de l’impact au niveau global.
« Cela repose en effet sur la force des actions menées localement, c’est-à-dire sur l’engagement des communautés, des organisations et des pouvoirs publics qui travaillent main dans la main », souligne l’ONG, qui met en exergue l’implication directe des provinces, villes, communes, secteurs et chefferies dans la mise en œuvre des actions écologiques afin de rapprocher les décisions des réalités de terrain.
Pour l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo, la Journée Internationale de la biodiversité est une occasion propice pour reconnaitre les efforts de l’Etat dans la volonté de décentraliser la gestion et la conservation de la biodiversité. Egalement une occasion pour réfléchir sur les mécanismes de renforcement de la décentralisation dans la gestion de la biodiversité au profit des communautés locales et des peuples autochtones.
Décentralisation dans la gestion et conservation de la biodiversité
La position de JUREC de décentraliser la gestion et la conservation de la biodiversité reste légale, à en croire le communiqué qui porte la signature de Me Félix Credo Lilakako, Président du Conseil d’Administration de JUREC. Il se réfère, non seulement au vœu de la Ministre de l’environnement de mettre en place une politique nationale de gestion décentralisée de l’environnement et de la foresterie, mais aussi aux textes de loi qui existent, dont la Loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature telle que modifiée à ce jour, pour redonner à l’Etat un rôle de leadership impliquant les communautés locales dans la protection des ressources naturelles.
Cela favoriserait la gouvernance participative et inclusive de ressources naturelles associant les différents acteurs et surtout les communautés locales.
Défis de la décentralisation de gestion

JUREC reste conscient des défis liés à certaines pesanteurs, notamment la tentation de centraliser tous les processus (planification, règlementation, activités, etc.) au niveau central, sans compter les conflits des compétences entre les autorités nationales et locales dans la gouvernance des ressources naturelles et de la biodiversité, le partage injuste et déséquilibré des revenus issus de la conservation ou gestion de la biodiversité.
Il s’agit également du manque de transparence dans la perception des impôts, droits et taxes, des détournements des fonds destinés au niveau local et aux communautés locales, de la faible implication des provinces et des ETD dans les processus de prise des décisions concernant la gestion ou la conservation de la biodiversité et de la faible règlementation de la gestion et conservation de la biodiversité.
C’est dans ce sens que l’ONG JUREC, plaide pour l’application des articles 3,5,7,11,24,33,40 et 53 de la loi° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature telle que modifiée à ce jour qui consacrent la décentralisation dans la gestion et conservation de la biodiversité.
Des recommandations
Parmi les recommandations formulées à l’endroit des différentes parties prenantes, l’ONG JUREC appelle le Gouvernement de la RDC, entre autres, de promulguer les décrets sur l’Accès et Partage des Avantages (APA) qui définissent les modalités, les procédures et les règles applicables et à suivre pour l’accès aux ressources génétiques et savoirs traditionnels associés des communautés locales et peuples autochtones pygmées ; d’adopter une stratégie nationale de gestion décentralisée de l’environnement en général et de la biodiversité en particulier ; et de promouvoir, multiplier et financer les initiatives locales de gestion et conservation de la biodiversité. Elle l’appelle également d’améliorer le cadre juridique sur les paiements pour services environnementaux (PSE) en faveur des communautés locales et peuples autochtones dans la conservation de la biodiversité.
D’autres recommandations s’adressent aussi aux organisations de la société civile pour renforcer les mécanismes de sensibilisation de la population sur les questions relatives à la décentralisation dans la gestion de la biodiversité; aux universités et centres de recherches scientifiques d’encourager et mener des recherches sur lesquestions relatives à la décentralisation dans la gestion de la biodiversité; aux Partenaires Techniques et Financiers d’accompagner le Gouvernement dans un processus de prise des normes pouvant renforcer lesquestions relatives à la décentralisation dans la gestion de la biodiversité.
En tant qu’Organisation Non-Gouvernementale spécialisée sur les questions juridiques environnementales et de biodiversité, JUREC réaffirme ainsi son engagement à accompagner l’ensemble de parties prenantes dans le processus de gestion et conservation décentralisée de la biodiversité.
Ruben Ns Mayoni
Share this content:
