Le coordonnateur de l’ONG Organisation congolaise des écologistes et amis de la nature (OCEAN), Florent Lizobolia, a déploré au cours d’une interview lundi 4 août, à Vers Vert-infos, les difficultés que rencontrent les “Boyomais” liées à l’impraticabilité des routes, en présentant les avancées significatives de son organisation et rendant hommage à son prédécesseur, le feu coordonnateur Cyrille Adebu, qui a battu un travail de titan en faveur des communautés et de l’environnement.
Sur le terrain, OCEAN concentre ses efforts sur deux activités structurantes notamment, le projet « Résilience », mené avec IMPACT (ex Partenariat Afrique Canada – PAC). Et un autre sur le renforcement des capacités des communautés riveraines des zones minières.
« Nous intervenons sur le changement climatique et la résilience des populations riveraines qui vivent dans les zones où se déroulent l’exploitation minière à Banalia. Vous savez que les activités minières détruisent les forêts et rendent les communautés vulnérables », a précisé Florent Lizobolia, coordonnateur de OCEAN.
Ce second projet de OCEAN cible spécifiquement le secteur de Babwadekole, groupement de Botokueya, dans les villages Bongonza et Bayehu, a plus de 280 Km de Kisangani à côté de la carrière de Mangi.
Pour défendre les droits des communautés locales face aux exploitants semi-industriels chinois, l’ONG OCEAN a établi des Comités locaux de développement (CLD) dans deux villages. « Ces instances visent à aider les communautés à exiger le respect de leurs droits face à des activités minières qui provoquent leur paupérisation », a-t-il souligné.
Et d’ajouter : « voilà pourquoi nous intervenons pour qu’ au-delà des activités minières, la communauté puisse s’occuper de la forêt, en pratiquant une agriculture durable à travers le reboisement et la gestion forestière ».
Florent Lizobolia a parallèlement dénoncé l’état catastrophique des routes agricoles, isolant ainsi Kisangani de sa zone périphérique.

« D’ici jusqu’à Banalia, c’est un peu bien car le gouvernement provincial est en train de faire quelque chose jusqu’à Badambila. Mais après cela, c’est catastrophique. Quand vous allez au-delà, c’est pire et pourtant, c’est le territoire du gouverneur de province. Donc le territoire est confronté à plusieurs défis logistiques, notamment la route qui est abandonnée », a-t-il dénoncé.
« Malgré l’état de la route, les exploitants continuent à amener des portes-chars; ils s’en foutent et rien n’est fait. La population souffre beaucoup pour accéder jusqu’à Kole. La route est totalement impraticable », a-t-il dit.
« Cette situation nous complique dans la réalisation de nos activités sur le terrain, car il faut mettre plus de temps et de moyens pour accéder à nos sites et aller à la rencontre des communautés riveraines », a regretté Florent Lizobolia.
Le coordonnateur de l’ONG OCEAN appelle les autorités provinciales et nationales à étendre les travaux au-delà du centre-ville.

« Ce que le gouvernement central et local font, c’est déjà bon, mais nous voulons que les travaux s’amplifient sur d’autres axes routiers. Ils doivent aussi revoir les routes approvisionnant Kisangani en denrées alimentaires ».
Selon lui, Banalia produit énormément : riz, huile de palme etc. Donc quand la route est inaccessible, cela rend la vie difficile.
Sensibilisation à la gestion de l’environnement

Face à la dégradation de l’environnement causée par l’insalubrité, Florent Lizobolia a appelé la population boyomaise à s’investir dans l’assainissement du milieu. Une bonne gestion des déchets ménagers et surtout des emballages plastiques éviterait des maladies à la population et des conséquences incalculables a l’environnement et à ses écosystèmes…
Bertin Al-bashir
Share this content:






