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L’ONG Alerte congolaise pour l’environnement et les droits humains (ACEDH), a organisé vendredi 29 aout à Beni, un panel de haut niveau sur la performance judiciaire pour des contentieux climatiques et la biodiversité, axé sur le thème : « Mettre les savoirs judiciaires et communautaires au service du contentieux climatique, droits des communautés locales, transparence et protection de la biodiversité, accès à l’information d’intérêt public, participation citoyenne aux efforts d’une justice climatique ».
Cette activité, tenue en faveur des magistrats civils et militaires, avocats, acteurs de la société civile, femmes et jeunes, s’inscrit dans le contexte l’avis consultatif rendu par la Cour Internationale de Justice de La Haye concernant les obligations des Etats en matière climatique et droits de l’homme, Cas de la RDC dans le paysage des Virunga.
Initié grâce au partenariat entre l’ACEDH d’une part, et la justice Congolaise, ELAW et FDHM d’autre part, l’objectif est d’accroître l’engagement communautaire et judiciaire en matière du droit au contentieux et faire usage des textes juridiques pour la protection de l’environnement.
A en croire l’ACEDH, les contentieux climatiques et ceux relatifs à la Biodiversité sont à la fois un droit des citoyens et la société civile pour faire avancer le débat judiciaire à travers des procès, plaidoyers et lobbies sur les questions de justice climatique. Ils constituent également un outil de travail, une stratégie légale pour faire avancer les litiges stratégiques liés aux questions climatiques, la sauvegarde sociale et la question de la biodiversité.
Insistance a été faite sur le contenu de l’avis consultatif de la CIJ en matière de justice climatique, dont plus de 45 participants venus de différentes parties du Nord-Kivu ont assisté à ces assises, pour discuter, dialoguer, échanger, et assister à des présentations de cadrage et d’analyse des participants et des facilitateurs.
Eric Kitakya, conservateur du Parc des Virunga, a dressé un état des lieux alarmant, soulignant que « plus de 200 éco-gardes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions ». Il a identifié l’insécurité et la corruption comme des freins majeurs pour la protection de la biodiversité.
De son côté, Maître Olivier Ndoole a brossé un aperçu historique et actuel de l’évolution du contentieux climatique et de la biodiversité dans le monde, en Afrique subsaharienne et en RDC, illustrant son propos par des jurisprudences récentes.
Maître Patrick Songe, représentant de l’Exécutif provincial, a pour sa part expliqué le rôle du pouvoir exécutif dans la protection climatique et la biodiversité, citant les efforts en matière de politiques réformatrices et d’appui aux poursuites judiciaires.
Par ailleurs, les experts ont plaidé pour la vulgarisation de l’avis consultatif de la CIJ, le renforcement des capacités des acteurs judiciaires, et la nécessité d’un dialogue démocratique entre toutes les parties prenantes. De plus, l’implication des communautés locales et la protection des défenseurs de l’environnement ont été jugées essentielles pour une justice climatique effective.




