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Le fleuve, les lacs, rivières et les cours d’eau de la République démocratique du Congo sont riches en ressources halieutiques, qui, selon certaines réflexions, meurent de vieillesse, et pourtant la pollution en est également pour quelque chose dans la mort de ces espèces aquatiques. Mais là n’est pas le problème. Ces cours d’eau constituent en effet des routes naturelles pour le déplacement des personnes et de leurs biens. Avec ses 60% des ressources en eau dans le bassin du Congo, la RDC a un rôle à jouer tant dans la région que dans le monde en termes de réponses à la demande mondiale en besoin en ressources en douce.
Des ressources capables d’assurer le développement durable de la RDC, « l’eau douce ayant une valeur économique dans tous ses usages », souligne le Professeur Raphaël Tshimanga, Directeur de l’Ecole régionale de l’eau de l’université de Kinshasa et du Centre de recherche en ressources en eau du bassin du Congo (CRREBaC).
Un cimetière à ciel ouvert
Cependant, il ne se passe pas un seul jour sans qu’il ne soit rapporté un naufrage survenu sur les différents cours d’eau de la RDC. Selon certaines statistiques, depuis 2024, plus de quatre cents (400) personnes ont perdu la vie dans des naufrages à travers des embarcations de fortune qui naviguent de nuit comme de jour sur ces routes naturelles aquatiques.
Si certains survivants et corps sont repêchés, le plus grand nombre des corps disparaissent dans l’eau. Ils deviennent d’office de la nourriture des poissons que nous mangeons dans nos assiettes. Devons-nous continuer de manger des poissons qui nous mangent ou devons-nous briser cette chaîne triptyque inappropriée ? Aux responsables du secteur de répondre.
Des mesures contraignantes
Depuis belle lurette, des pertes en vies humaines sont déplorées sans que des mesures fortes et contraignantes ne soient prises dans ce secteur. Si des mesures sont prises, alors elles ne sont jamais appliquées à la lettre, laissant ainsi la voie aux pleurs et grincements de dents après un accident de navigation.
Faudra-t-il venir toujours en médecin après la mort ou convient-il de prévenir que de guérir, alors qu’on ne guérit même pas ?
Voilà pourquoi les gestionnaires du secteur sont appelés à prendre des mesures qui s’imposent pour éviter le pire: mesures sur le profil du personnel navigant, la qualité et le tonnage des embarcations, les heures de navigation, la liste n’est pas exhaustive.

La formation des navigants
La République démocratique du Congo est membre de la Commission internationale du bassin Congo Oubangui Sangha (CICOS), dont le siège se trouve heureusement ou malheureusement à Kinshasa, capitale du pays. Cette organisation sous régionale a pour mission, la gestion intégrée des ressources en eau du bassin du Congo (GIRE) et la facilitation de la navigation intérieure.
Dans cette optique, la CICOS dispose d’une école régionale de formation aux métiers de navigation intérieure (ERFMNI). Elle forme des cadres expérimentés aux métiers de navigants pour lutter contre les accidents maintes fois comptés en RDC.
Pendant ce temps, les statistiques de cette école montrent que plus de 50% des apprenants de l’ERFMNI viennent des autres pays membres de la Cicos que la RDC, alors que c’est le pays qui détient le plus des cours d’eau utilisés pour la navigation intérieure.
Il est donc impérieux d’agir aujourd’hui pour sauver des vies, car demain il risque d’être trop tard. La vie du congolais n’est-elle pas plus importante que les intérêts mesquins et égoïstes de ceux qui gèrent le secteur des transports en RDC, particulièrement du transport sur les eaux ? Combien de morts faudra-t-il pour agir ?
« Agir rend heureux », indique Yann-Arthus Bertrand, fondateur de GoodPlanet.
Ruben Ns Mayoni




