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Kinshasa : les OSC du bassin du Congo pour une gouvernance climatique juste, inclusive et transparente

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Des constats 

Les participants venus des organisations de la République du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et de la République démocratique du Congo ont fait la déclaration relevant les menaces sur les forêts du bassin du Congo, l’injustice dans le partage des bénéfices issus de l’exploitation des ressources naturelles du bassin, le modèle colonial de l’exploitation de ces ressources, la violation des droits des peuples autochtones (PA) et des communautés locales (Colo), l’accès insuffisant aux mécanismes de financement par les OSC, les PA et les Colo,…

Des engagements

Les représentants de ces organisations se sont engagés entre autres à renforcer la mobilisation régionale pour faire entendre la voix des OSC, des PA/Colo et des autorités traditionnelles dans les espaces de décision nationaux, régionaux et internationaux, notamment en vue de la COP30 ; poursuivre une veille active et rigoureuse, afin de surveiller, documenter et dénoncer sans relâche tout projet d’investissement ou toute décision susceptible de la contribuer à la déforestation, d’aggraver la perte de biodiversité ou de porter atteinte aux droits des communautés locales. 

Ils se sont également engagés à promouvoir des réformes juridiques audacieuses en faveur de la transparence et de la redevabilité ; de la reconnaissance des droits des Colo/PA et de leur participation effective et significative dans la gestion des ressources naturelles.

La vulgarisation des cadres juridiques existants, l’accroissement de la sensibilisation et des capacités des OSC et des communautés, le partage des expériences réussies de mobilisation de fonds et d’accès direct au financement pour les PA/Colo, afin d’inspirer des modèles reproductibles et inclusifs; l’investissement dans des solutions durables, telles que l’agroécologie, la transformation locale du bois pour une meilleure valeur ajoutée, les emplois verts et les programmes de reforestation communautaire, sont autant d’engagements pris par ces organisations. 

De l’appel à l’action

A l’issue de cette 2ème édition de  la conférence des organisations de la société civile du bassin du Congo, les participants ont appelé les gouvernements, les bailleurs de fonds, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les institutions régionales et internationales, notamment à mettre fin à la déforestation, à l’exploitation illégale et non durable des ressources naturelles, à la logique extractiviste héritée du modèle colonial de développement; à investir dans des modèles de développement écologiquement responsables et socialement justes et à promouvoir une conservation fondée sur les droits, qui reconnaît pleinement les droits des communautés locales et des peuples autochtones, en garantissant leur participation effective à la gestion des écosystèmes et à la prise de décision.

Ces organisations tiennent également à la reconnaissance, la protection, le respect et la promotion des droits des peuples autochtones et des communautés locales en intégrant leurs savoirs, leurs voix et leurs priorités dans les politiques publiques.

Les parties prenantes sont appelées à renforcer la sécurisation des terres et des forêts des communautés locales et des peuples autochtones, pour prévenir l’accaparement foncier, freiner la déforestation, encourager leurs efforts de conservation et soutenir leur autodétermination et leur développement durable, tout en veillant à l’application du Consentement Libre Informé et Préalable (CLIP) avant et pendant la mise en oeuvre des projets d’investissements ayant un impact direct ou indirect sur les droits et ressources des peuples autochtones et des communautés locales.

Elles doivent aussi soutenir les initiatives portées par les OSC et les communautés du bassin du Congo en garantissant un accès équitable, transparent et direct aux financements climatiques; exiger des pays du Nord d’assumer leurs responsabilités historiques, en s’acquittant de leur dette climatique, en cessant de polluer et en soutenant les efforts de résilience et d’adaptation des pays du Sud avec des financements non conditionnés, suffisants, pour la protection des forêts du bassin du Congo. 

Enfin, intégrer les recommandations de cette déclaration dans les politiques publiques et les cadres de gouvernance des ressources naturelles.

La Déclaration de Kinshasa incarne donc  la volonté collective des organisations de la société civile du bassin du Congo de passer du dialogue à l’action, en construisant un front régional uni pour le climat et les forêts, la gouvernance et les peuples dans le bassin du Congo. 

Elle constitue une feuille de route devant guider les pas des représentants des pays du bassin du Congo à la la 30ème Conférence des Parties (CoP30) sur le climat, prévue du 10 au 21 novembre courant, à Belém au Brésil.

Elle constitue une feuille de route d’ici à 2030, et un appel à la responsabilité partagée pour préserver le patrimoine commun et garantir la justice climatique pour toutes et tous.

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