Une étude d’opinion inédite, menée par le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN), révèle qu’une large majorité de la population riveraine des blocs pétroliers 1, 2 et 3 s’oppose à l’exploitation des hydrocarbures dans le Graben Albertine, en République Démocratique du Congo.
L’étude intitulée « Perception de la population des blocs 1,2 et 3 sur l’exploitation des hydrocarbures dans le Graben Albertine congolais » révèle que cette opposition, qui s’élève à 70 %, est principalement motivée par la crainte de conséquences environnementales, sanitaires et culturelles désastreuses. L’enquête, qui s’est appuyée sur plus de 1100 entretiens individuels et des groupes de discussion, met en lumière un profond clivage et un « climat de méfiance institutionnelle » dans la région.
Dans son communiqué du 13 novembre, le CdC/RN renseigne que parmi les préoccupations majeures citées par les populations figurent la disparition des écosystèmes aquatiques du lac Albert (75 %), une pollution généralisée (65 %), et les délocalisations et la perte des moyens de subsistance traditionnels, comme la pêche et l’agriculture (40 %).
L’étude souligne également l’anticipation de risques sanitaires graves, tels que l’apparition de cancers ou de malformations congénitales, déjà observés selon les répondants du côté ougandais du lac Albert.
« Face à cette majorité inquiète, 30 % des personnes se déclarent favorables aux projets pétroliers, attirées par les promesses de création d’emplois locaux (45 %) et de développement des infrastructures (35 %). Ce fossé illustre le dilemme des communautés, tiraillées entre l’espoir d’un développement économique urgent et la crainte de voir leur survie socio-environnementale menacée », peut-on lire dans ce communiqué.
Dans son rapport, le CdC/RN pointe du doigt des processus de consultation « non inclusifs » et « opaques », où les communautés se sentent délibérément tenues à l’écart des décisions.
Eu égard à ce qui précède, cette plateforme de la société civile appelle en conséquence à la mise en place impérative d’un mécanisme de « consultation libre, préalable et éclairée » pour garantir la légitimité de tout futur projet. Ce communiqué du CdC/RN signé par son secrétaire permanent, Dieudonné Kasonia, évoque également la transition énergétique comme une alternative viable, bien que freinée par des contraintes économiques et politiques.
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