Le Gouvernement de la République démocratique du Congo, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, notamment l’Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale (CAFI) et du Common Fund for Commodities (CFC), a procédé ce mardi 12 mai au lancement opérationnel du Projet Agroforestier du Kwango-Nioki (PAKN), placé sous le thème : « Produire plus tout en protégeant la forêt ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme des Paiements pour Services Environnementaux (PSE) du bassin d’approvisionnement de Kinshasa (PROBAK). Elle vise à promouvoir un modèle de développement conciliant production agricole, restauration des terres dégradées et préservation des écosystèmes forestiers.
Prenant la parole au cours de cette rencontre, Hector Besson, responsable des risques au sein du Common Fund for Commodities et représentant de l’organisation de mise en œuvre du PROBAK, a expliqué que le projet sera exécuté sur une période de cinq ans, en collaboration avec plusieurs partenaires techniques locaux.
« Nous sommes l’organisation de mise en œuvre avec un lien direct avec CAFI. Nous travaillons avec des partenaires basés ici à Kinshasa, notamment FRM Ingénierie, qui joue le rôle d’agrégateur et collabore avec des ONG dans les régions du Kwango et de Maï-Ndombe. Les premières activités ont déjà démarré avec les réunions préparatoires du Comité de pilotage, avant les prochaines phases consacrées à l’engagement communautaire et au processus de consentement des populations locales », a-t-il indiqué.
Et d’ajouter : « Le projet ambitionne de démontrer qu’il est possible d’accroître significativement la production agricole sans poursuivre l’expansion des activités sur de nouvelles terres forestières. Nous devons travailler sur les terres déjà exploitées et montrer qu’on peut obtenir une production significative sans continuer à couper la forêt. Nous allons produire des denrées agricoles, mais aussi du bois destiné aux besoins énergétiques des populations », a précisé Hector Besson.

Cependant, le PAKN couvrira environ 8 000 hectares et devrait bénéficier à plus de 4 000 habitants des régions du Kwango et de Nioki. Pour les partenaires du projet, la proximité de ces zones avec Kinshasa représente un atout majeur pour répondre à la demande croissante de la capitale en produits alimentaires et en bois énergie.
Intervenant à son tour, Jean-Marie Bolika, Chef du Projet Agroforestier Kwango-Nioki, a détaillé les principales composantes techniques et territoriales du programme. Selon lui, le projet s’inscrit dans le programme d’approvisionnement de Kinshasa et sera mis en œuvre principalement dans les territoires de Kenge et Kutu, notamment dans les secteurs de Bukanga et de Mfimi. Car, le modèle agroforestier retenu repose sur l’association acacia-manioc, avec un objectif de plantation de 8 000 hectares.
« L’acacia a été choisi parce qu’il s’adapte bien à la savane et que ce modèle a déjà démontré son efficacité sur le terrain», a-t-il affirmé, soulignant que l’objectif est de répondre simultanément aux défis du changement climatique et à la forte demande de Kinshasa en bois-énergie.
En effet, le projet prévoit également la mise en place de 120 Comités Locaux de Développement (CLD) ainsi que 120 plans d’aménagement du territoire afin de renforcer la gouvernance locale et l’implication communautaire.

Concernant le suivi du projet, Jean-Marie Bolika a assuré que « des mécanismes de contrôle locaux et institutionnels seront mis en place pour évaluer les performances sur le terrain. Le paiement dépendra du rendement et des résultats observés par hectare. Le contrôle implique les structures communales ainsi que les services territoriaux, provinciaux et nationaux », a-t-il indiqué.
De son côté, Steve Essamba, Représentant de Central African Forest Initiative (CAFI), a salué le travail préparatoire accompli par le gouvernement congolais, le CFC, FRMI et l’ensemble des partenaires impliqués. Il a affirmé que cette réunion marque «une avancée concrète dans la mise en œuvre du programme PSE du bassin d’approvisionnement de Kinshasa », tout en rappelant le caractère stratégique du projet pour CAFI.
Selon lui, le Projet Agroforestier du Kwango-Nioki doit servir de projet pilote afin d’inspirer un déploiement plus large du mécanisme des Paiements pour Services Environnementaux en RDC. Il a insisté sur trois priorités essentielles : la qualité de la préparation du projet et son alignement avec les engagements nationaux, l’importance du consentement communautaire et de la sécurisation foncière, ainsi que la nécessité de disposer d’un système crédible de suivi et de vérification (MRV).
« Le financement de CAFI repose sur la performance vérifiée. Cela exige une structuration rigoureuse, des données fiables et des processus robustes pour permettre le déclenchement futur des paiements PSE », a-t-il rappelé.
Isaac Kalonda, Représentant du Secrétaire général du ministère de l’Environnement, a estimé que le PAKN constitue « une réponse ambitieuse » aux défis du développement rural durable en République démocratique du Congo.
« L’agroforesterie est au cœur de cette solution. Elle permet d’améliorer la productivité agricole, diversifier les revenus, restaurer les terres dégradées et réduire la pression sur les forêts primaires », a-t-il déclaré.
À travers ce projet, le Gouvernement congolais et ses partenaires entendent ainsi promouvoir un modèle de croissance verte capable de répondre aux besoins alimentaires et énergétiques des populations tout en renforçant la protection des forêts du bassin du Congo.
Onésime Lukau
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