La décision est tombée comme un couperet. Le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, désormais désigné par le Président de la République pour assainir Kinshasa. Hier la belle, aujourd’hui c’est la poubelle. Ce slogan honteux n’a cessé de siffler dans les oreilles du Chef pour enfin prendre la décision, peut-être, une fois pour toute.
Commandant du Service National, le Général Kasongo a prouvé de quoi il est capable en dirigeant cette structure créée sous l’ère Mzée Laurent-Désiré Kabila. Toutefois, la désignation du Commandant du Service national pour assainir Kinshasa n’a pas laissé indifférents certains responsables des organisations de la société civile environnementale, comme c’est le cas de Jean Mangalibi, Coordonnateur de l’ONG Amis de la Nature et des Jardins (ANJ).
« Cette nomination est une très bonne décision sur le plan de la forme, mais pas sur le fond. Car il y a un gouverneur qui gère la ville. Si le gouverneur est incompétent, il faut le mettre dehors, c’est tout. Mêmement si le ministre de l’environnement est incompétent, il faut le limoger », a souligné Jean Mangalibi.
Assainir : utiliser le bâton ou la carotte ?

Le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a du pain sur la planche, comme on dit. D’aucuns se posent la question de savoir comment le Général Kabwik va s’en sortir. Usera-t-il du bâton ou de la carotte ?
« Il va s’en sortir à 40% », a laissé entendre Jean Mangalibi, avant d’ajouter,« il est parmi les personnes de la république que je respecte compte tenu de la façon dont il gère le Service national. S’il y en avait dans chaque territoire, on ne souffrirait peut-être plus de la faim. Mais le problème est qu’il ne peut pas être partout, et on risque de l’épuiser et de le fragiliser », s’inquiète le Coordonnateur de l’ANJ.
A en croire certains Kinois, le Général doit user du bâton pour bien faire son travail. Car le Kinois n’écoute que le langage du fouet pour s’exécuter.Laver les cerveaux des Kinois Assainir Kinshasa est un problème qui se trouve dans la tête de ses habitants. Il ne s’agit nullement d’un problème de moyens financiers. Car l’assainissement est une question d’éducation qui commence à la maison et à l’école. Si c’est raté et à la maison et à l’école, on peut tout faire, le résultat est compromis d’office.
« Il faut des décisions impopulaires pour assainir Kinshasa. Ailleurs, si vous jetez un déchet dans la rue, vous payez une amende. Mais chez nous, quand tu jettes et que tu ramasses on te paye. C’est pour dire qu’on pousse la population à jeter les ordures dans la rue pour gagner l’argent », regrette Jean Mangalibi.
La mise en place d’une bonne politique de gestion des déchets, d’une chaîne de valorisation et de recyclage sont parmi les conditions sine qua non pour réussir à assainir la ville de Kinshasa, jadis la belle mais aujourd’hui la poubelle.
Ruben Ns Mayoni
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