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Sous-titre : L’Observatoire de la Dépense Publique alerte sur des décennies de sous-exécution chronique et appelle à des réformes structurelles
Dans une analyse approfondie publiée vendredi 29 aout dernier, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), a révélé des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des investissements publics en République Démocratique du Congo. Ce document examine le premier compte rendu du Conseil des ministres du gouvernement Suminwa II, qui pourtant mettait en avant la discipline budgétaire et la transparence comme principes directeurs.
D’après l’organisation, la question cruciale des investissements publics aurait été totalement occultée lors des discussions gouvernementales. L’ODEP souligne que l’exécution des crédits d’investissement n’a jamais dépassé 5 % des prévisions au cours des dix dernières années, privant le pays d’infrastructures essentielles et maintenant sa dépendance à l’aide internationale.
Dans son rapport, l’ODEP identifie la suppression du mécanisme historique du sous-compte investissement comme l’une des causes fondamentales de cette crise. Jadis hébergé à la Banque centrale et géré par le Ministère du Plan, cet instrument permettait d’atteindre un taux d’exécution supérieur à 75 %, selon les archives citées par l’Observatoire.
Précisément, l’étude avance que près de 95 % des ressources théoriquement allouées aux investissements seraient détournées pour couvrir les dépassements budgétaires des institutions. Une telle pratique priverait le pays de financements pour des projets structurants dans les secteurs des transports, de l’énergie, de la santé et de l’éducation.
Conséquemment, cette mauvaise gouvernance entraînerait une croissance atone, un déficit massif en emplois, une dégradation des services publics et une instabilité politique persistante. Les provinces déjà vulnérables verraient leur situation s’aggraver, dépendant toujours plus de l’aide humanitaire.
Face à ce constat, l’ODEP préconise une série de mesures correctives. Il recommande notamment la réhabilitation du sous-compte investissement et le renforcement des prérogatives du Ministère du Plan. L’observatoire insiste sur la nécessité d’une transparence accrue et de sanctions contre les détournements de fonds.
Par ailleurs, le rapport conclut à la nécessité impérieuse de placer l’investissement public au cœur de la gouvernance budgétaire pour permettre au pays d’engager sa transformation économique et sociale. La RDC ne pourra sortir de sa logique de survie institutionnelle qu’en mettant fin à ces pratiques préjudiciables à son développement.




