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Plaidoyer pour l’autosuffisance alimentaire en RDC : l’ONG Toile d’araignée plaide pour un dialogue permanent entre le gouvernement et les acteurs agricoles locaux

Lors d’un point de presse tenu samedi 26 juillet face aux chevaliers de la plume à Kinshasa, Jérôme Sekana Pene-Papa, coordonnateur national de l’ONG Toile d’araignée, a présenté un plaidoyer convaincant pour l’autosuffisance alimentaire en RDC. Son intervention s’est articulée autour de la question : « la revanche du sol sur le sous-sol plaidée par le Président de la République est-elle un mythe ou une réalité, un impératif social ou une priorité économique ? ».

Le constat est sans appel : en dépit de son immense potentiel agricole, la RDC importe la quasi-totalité de ses produits alimentaires. « Le sol rapporte plus que le sous-sol, car la terre ne trahit jamais», a affirmé Jérôme Sekana, encourageant les congolais à investir dans l’agriculture comme voie vers la prospérité.

Selon lui, le secteur agricole se structure en trois composantes principales : le paysannat (agriculture familiale de subsistance), l’agro-pastoral (grandes exploitations) et l’agroalimentaire ou l’agro-industriel ( transformation des produits).« Dans la plus part des pays africains, nous essayons d’investir dans le premier et deuxième segment mais le troisième est souvent difficile parce qu’il faut des investissements importants », a-t-il expliqué.

Pourtant, le secteur agricole constitue un levier de croissance majeur, aujourd’hui négligé. «Nous avons constaté que dans notre pays il y a un secteur porteur de croissance par excellence : le secteur agricole que nous négligeons. Il est à la base de l’exode rural et de la faible productivité en RDC », déplore le coordonateur de Toile d’araignée.

Contrairement à d’autres pays où les entreprises agricoles bénéficient de soutiens étatiques, la RDC impose à ses producteurs une fiscalité inadaptée.

« Pour avoir des citoyens en bonne santé, des intellectuels bien formés avec un quotien intellectuel au dessus de 90 %, il faut bien manger. Et par conséquent l’état sort l’argent et donne en terme de subvention pour que ces entreprises agricoles fonctionnement et en retour permettre aux citoyens de vivre ; ce qui n’est pas le cas malheureusement chez nous », a souligné Jerôme Sekana.

« Au-delà d’être le pays le plus riche du monde en terme de ressources naturelles, nous avons 80 millions d’hectares de terre harables auxquels il faut ajouter 40 millions d’hectares de terres ihigables. Ce qui fait 120 millions d’hectares arables; des espaces cultivables…», a-t-il insisté.

Pour Jérôme Sekana, la RDC doit se doter d’une politique agricole qui peut permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, car selon lui, cette dernière devrait être un objectif noble puisque cela marche de paire avec l’indépendance alimentaire. « L’indépendance alimentaire en d’autres termes c’est l’indépendance du ventre. Cette indépendance précède toutes les autres formes d’indépendances


Dans son allocution, le responsable de Toile d’araignée a salué la vision présidentielle faisant de l’agriculture une priorité absolue, tout en appelant le gouvernement à concrétiser cette ambition. Il a particulièrement pointé du doigt le code agricole, voté et promulguée 11 ans plus tard sans arrêtés d’application.

« On dote le pays d’un code agricole, mais il n’y a pas d’arrêter interministériel d’exécution. Et on oblige ceux qui travaillent dans le secteur agricole de payer les impôts et taxes comme dans le régime des droits communs », a-t-il regretté.

En comparaison, le secteur extractif, bien que dominant le secteur économique de la RDC, génère peu d’emplois, d’après Jerôme Sekana.

« Les mines n’emploient pas beaucoup d’agents. Ce sont des machines qui y travaillent. Et pour travailler dans les mines il faut être qualifié mais dans l’agriculture peut absorber toute la population », a fait valoir Jerôme Sekana Pene-Papa.

Parmi les recommandations formulées par l’ONG Toile d’araignée figurent la convocation d’un dialogue permanent avec les opérateurs économiques agricoles locaux, la consultation de la corporation des entreprises, l’octroi d’un moratoire fiscal au secteur et la mise en œuvre effective d’une nouvelle politique agricole. Autant de mesures qui pourraient permettre à la RDC de conquérir cette indépendance alimentaire si cruciale pour son développement.

Il faut noter que l’ONG Toile d’araignée est un réseau de journalistes économiques d’investigation et de promotion citoyenne en RDC.

Bertin Al-bashir

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