Depuis quelques jours, l’Europe crie à des fortes chaleurs, et particulièrement la France. Le mercure indique entre 40 et 43•C. Des températures jamais enregistrées, ou presque, dans l’histoire de l’hexagone. Celui qui est pointé du doigt, c’est le changement climatique. Et pourtant, l’homme est à l’origine de cette modification sans précédent du climat et de tous ses paramètres. Tout le monde veut être à l’abri de la chaleur. Les gens se dirigent vers les robinets, les plages et autres infrastructures érigées pour la circonstance. Ils cherchent à se rafraîchir un tant soit peu. Mais après cela, on sera obligé de regagner son toit. Chacun aura besoin de la fraîcheur en utilisant des climatiseurs. Ceux-ci sont parfois gourmands en énergies, ce qui augmente la chaleur au dehors. Les moteurs de ce dispositif doivent tourner presque 24h/24.
Solution traditionnelle ou moderne
Face aux effets du changement climatique, les experts parlent de logement écologique ou d’architecture durable, qui respecte l’environnement. Mais en réalité, il n’en est rien de tout cela. En termes de consommation d’énergie, le pari n’est pas gagné. Et en termes d’aération, l’air du dehors est déjà chaud, il est presque inutilisable.
Pour cela, certains architectes veulent se tourner vers la tradition. Des maisons cent pourcent construites en produits de la forêt. C’est-à-dire en bois. Les murs sont couverts de boue et les toits en chaume.
Selon les environnementalistes, ces types de logements ont l’avantage d’être rafraîchissants. La terre battue qui couvre les murs en bois absorbe la chaleur. Elle dégage la fraîcheur en retour.
Il n’y a pas de pavement en ciment, béton ou carreaux. Il y a de la terre toute simple. Cette terre peut être mouillée à volonté. Aujourd’hui, la modernité crée des problèmes. Comme qui dirait, « les solutions d’aujourd’hui sont les problèmes de demain ».
Alors, faudra-t-il faire un come-back vers la tradition qui est taxée de rudimentaire? Et pourtant, les communautés locales vivent mieux dans ces conditions-là. Les populations autochtones, comme les pygmées, savent conserver les ressources naturelles dont elles disposent.

Renouvellement de la pensée
« On construisait avec les matériaux à disposition et en fonction des climats et des façons de vivre », rappelle Jacques Boulnois, architecte au cabinet BHPR et enseignant à l’université d’Orléans.
Revenir aux savoir-faire ancestraux constitue « un renouvellement de pensée ». Cela inclut la prise en compte « qu’on ne peut plus tout faire » face au climat. Il estime qu’il « faut trouver une nouvelle architecture contemporaine ». « Sans fioul ni électricité, ce n’était pas facile pour nos ancêtres ». Cependant, ils mettaient de l’intelligence, appuie Jacques Boulnois.
Depuis des millénaires, nos ancêtres ont su gérer durablement les forêts. Celles-ci ne se sont jamais épuisées, malgré l’agriculture de subsistance pratiquée sur des terres forestières. Même s’ils sont accusés de pratiquer l’agriculture itinérante sur brûlis, en lieu et place d’une agriculture biologique.
Aujourd’hui plus que jamais, les habitations contribuent au réchauffement climatique. Cependant, les maisons traditionnelles offrent une solution pour remédier à cette situation. Et si l’on construisait traditionnellement ? La question reste posée.
Ruben Ns Mayoni
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