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Chaque jour qui passe, la planète se réchauffe. La température sur la croute terrestre augmente. Le réchauffement climatique est plus exacerbé. L’action de l’homme est encore et toujours pointée du doigt. Les activités anthropiques causent de graves soucis à la planète et sont responsables de la dégradation de l’environnement : érosions, sécheresse, inondations, désertification, dégradation des sols et de la qualité de l’eau… Même si l’homme est le problème, il est également au centre pour trouver la solution aux problèmes environnementaux qui se posent.
A Lusanga dans la province du Kwilu, le Cercle d’art des travailleurs des plantations congolaises (CATPC), composé des artistes planteurs, est engagé dans une dynamique de l’agroforesterie pour restaurer les terres dégradées par la monoculture du palmier à huile de l’ancien Unilever à Leverville. Son travail, planter des arbres pour lutter en même temps contre le réchauffement climatique et contre la pauvreté des communautés en leur offrant la possibilité de disposer de la nourriture grâce aux plantations.
Plus de moyens pour plus de résultats
Plus de 120 hectares sont déjà couverts d’acacias et d’arbres fruitiers, au grand bonheur des communautés de Lusanga et de ses environs. Mais le grand problème est le manque des moyens financiers suffisants pour faire plus. Et pourtant, il y a beaucoup de financements qui sont accordés tant en RDC qu’ailleurs pour faire le travail qu’accomplit le CATPC sur le terrain. Les résultats de certains projets qui obtiennent des financements sont discutables voire très mitigés.
« C’est vrai que pour faire ce travail, on a eu quelques appuis, mais c’est insignifiant par rapport à ce qui est donné ailleurs. Vous venez de visiter une centaine d’hectares, reboisé avec très peu de moyens. Si nous avons cette opportunité d’avoir de grands financements, je pense que vous allez trouver des milliers d’hectares reboisés ici, dans un système agroforestier où nous privilégions l’association arbre et agriculture pour produire davantage », a souligné René Ngongo, Président du CATPC.
Dans le cadre du Challenge de Bonn, le pays s’est engagé pourreboiser 8 millions d’hectares. Les structures comme le CATPC qui est à une centaine d’hectares peut accomplir des merveilles si des moyens conséquents sont mis à sa disposition, car contribuant à sa manière à ce défi de Bonn. Outre ce Challenge de Bonn, le CATPC contribue également au programme présidentiel « un milliard d’arbres ».

« Nous pensons que dans cette zone ici, nous pouvons facilement arriver à 1 million d’arbres plantés sur nos hectares. Donc, nous sommes demandeurs, parce que nous avons un point de départ. Au Fonds forestier national, ils appuient des initiatives comme la nôtre, mais nous n’avons pas encore eu cette opportunité. Nous voulons avoir des moyens pour faire davantage de ce que nous sommes en train de faire. Pas seulement à Lusanga, nous pouvons le faire dans d’autres provinces », a ajouté le Président du CATPC dont les jeunes sont engagés dans le mouvement agroforestier avec un grand dynamisme.
La COP 30 de Belém
La Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques organise chaque année, une rencontre sur le climat, la Conférence des parties (COP), dont la 30ème édition se tiendra du 10 au 21 novembre 2025 à Belém au Brésil. Mais la question est celle de savoir s’il faut continuer à espérer sur ce rendez-vous annuel. Pour René Ngongo, dans le cadre de son travail d’agroforesterie, beaucoup d’espoir était placé dans cette conférence au départ, jusqu’à arriver à la COP 21de Paris, où il a été conclu l’Accord de Paris.
« Nous avons applaudi, moi personnellement, j’étais dans la salle lorsqu’on a signé cet Accord. Beaucoup d’années plus tard, qu’est-ce que ça donne ? Depuis qu’on a signé cet accord de Paris, toujours des promesses, la mise en œuvre pose problème. Mais en même temps, je ne dirais pas qu’on doit boycotter ce genre de rendez-vous, parce que c’est le seul endroit où on a la possibilité de dire aux décideurs ce qui se passé sur le terrain, et faire des propositions. Et on espère qu’un jour, l’homme n’écoutant que la langue du fouet, comme la nature commence à fouetter l’homme, parce que c’est ce qu’on vit par rapport au changement climatique, va nous interpeller », a indiqué René Ngongo.
Le Président du CATPC espère par ailleurs qu’un jour lesdirigeants du monde vont comprendre que l’argent ne se mange pas, mettant en avant plan les pétrodollars et le développement économique sans tenir compte des normes environnementales. Le non-respect des normes de la nature se payer toujours cash, tôt ou tard. Les conséquences des effets du changement climatique se font sentir avec des perturbations du climat et l’impact sur les saisons.
Dans ce sens, René Ngongo a évoqué les rapports du Groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat(GIEC), dont les scientifiques de renom lancent des alerteschaque année.
« Mais jusqu’où on est obligé d’aller pour comprendre qu’il faut arrêter les émissions de gaz à effet de serre qui sont responsables. Nous disons que la RDC est un pays solution avec le potentiel qu’elle dispose, mais pour le maintenir, on a besoin d’alternatives. Pour financer les alternatives, on a besoin de moyens. Donc là, je rejoins vraiment la campagne du gouvernement, RDC pays solution, qui a besoin d’un appui. Et ça va être le message si certain de la RDC vont à la prochaine COP30 », a conclu le Conseiller René Ngongo.
Avec le travail accompli par le CATPC sur le terrain, il est crucial d’être appuyé par les différents fonds existant dans le domaine du climat, Fonds vert pour le climat, Fonds bleu… pour perpétuer ses actions dans l’agroforesterie.
De notre envoyé spécial à Lusanga, Ruben Ns Mayoni




