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« Le CEN, indispensable pour le renseignement, la lutte contre la Criminalité Transnationale Organisée, le terrorisme et la fraude en Afrique centrale 2013-2015 ? », tel est le titre d’un ouvrage qui met en lumière le rôle crucial des renseignements douaniers dans la lutte pour la préservation de l’environnement en Afrique centrale, plus particulièrement pour la protection du bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon de la planète.
Rédigé par Jean-Paul Esamba Bokel’Ipoka, expert en administration douanière, ce livre de quatre chapitres s’appuie sur l’expérience de l’auteur et une analyse de données pour démontrer l’utilité du Réseau Douanier de Lutte contre la Fraude (CEN) de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD).
Dans cet ouvrage, l’auteur consacre une part importante de son analyse à la menace que fait peser la criminalité transnationale organisée sur le bassin du Congo. Cet espace, « incontestablement le plus riche d’Afrique » et crucial pour la biodiversité mondiale, est la cible de trafics illicites à grande échelle : trafic d’espèces protégées (CITES), exploitation forestière illégale et pillage de biens culturels.
Face à ces défis, Jean-Paul Esamba souligne le travail de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), organisation intergouvernementale créée par les chefs d’État de la sous-région pour harmoniser les politiques forestières et environnementales dans ses dix pays membres. Cependant, il note qu’au niveau des administrations douanières, « bien que des efforts sont consentis (…), le constat est qu’il y a beaucoup à faire ».
Le CEN : un outil de renseignement au service de l’environnement
Pour Jean-Paul Esamba, le CEN et ses applications (CENcomm, nCEN) est une solution douanière par excellence pour répondre à ces menaces.
« Grâce à ce réseau mondial connectant les douanes du monde entier, les officiers peuvent échanger des renseignements fiables en temps réel, identifier les trafics et coordonner leurs actions ».
Dans son livre préfacé par Bernard Kabese, Directeur gène des douanes et accises, l’auteur analyse les saisies enregistrées dans la base de données du CEN entre 2013 et 2015, une période où la contribution de l’Afrique centrale est devenue « plus visible » grâce au travail de pays comme la RDC et le Cameroun. Sa conclusion est sans appel : le CEN est effectivement indispensable pour produire le renseignement nécessaire à la lutte contre la criminalité environnementale et les autres fléaux transnationaux.
Par ailleurs, Jean-Paul Esamba Bokel’Ipoka rappelle que, parallèlement aux initiatives politiques comme la COMIFAC, les douanes disposent d’un outil opérationnel puissant qui, s’il est correctement exploité, peut significativement contrer les réseaux criminels qui pillent la biodiversité du bassin du Congo.
Bertin Al-bashir




