Lors de l’atelier national organisé par le Réseau environnement et droits humains sur le couloir Vert Kivu-Kinshasa (CVKK) du 7 au 9 octobre 2025, le Professeur Raphaël Tshimanga, Directeur de l’Ecole Régionale de l’Eau de l’Université de Kinshasa (ERE-Unikin) et Directeur du Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC) a souligné que le CVKK est confronté à plusieurs défis qu’il faut relever pour sa mise en œuvre effective.
Dans son intervention, le Professeur Tshimanga a indiqué que les investigations en cours dans cet espace révèlent plusieurs données et informations encore méconnues au niveau de cette zone CVKK, en termes de statistiques sur la biodiversité et d’écosystèmes. Le Directeur de l’ERE a par exemple parlé des connaissances sur les tourbières qui existent dans cette zone qui n’étaient pas vraiment avancées, alors que les tourbières jouent un rôle crucial dans la séquestration du dioxyde de carbone.
« Ce n‘est qu’en 2019 que nous sommes parvenus à pouvoir identifier, caractériser les tourbières qui s’étouffent dans la zone », a expliqué le Professeur Tshimanga, avant d’évoquer le réseau fluvial dont dispose le pays, deuxième au monde après l ‘Amazonie, offrant un corridor de désengorgement entre les différentes entités décentralisées du pays et même pour les pays de la région.
Ce corridor fluvial offre une opportunité pour les transports des personnes et de leurs biens, ainsi que des échanges desbiens et services entre les communautés. Par ailleurs, ce réseau n’est pas bien exploité, l’exploitation qui est faite est pleine de risques d’incidents et accidents de navigation avec pertes en vies humaines et en matériels, un des défis de ce corridor du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.

Défis du CVKK
Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa est un espace de plus de 500 mille km2. Son exploitation requiert plusieurs défis à relever, indique le Professeur Raphaël Tshimanga du CRREBaC. Parmi ces défis, figure celui du manque d’énergie, à cause de l’absence des minicentrales hydroélectriques malgré l’abondance des ressources en eau se trouvant dans la zone.
« Nous sommes en train de parler de la transformation agro-industrielle, mais comment est-ce que nous allons accéder à la transformation agro-industrielle sans énergie ? », s’interroge le Directeur de l’Ecole Régionale de l’Eau de l’Unikin.
Un autre défi, c’est celui lié à l’agriculture itinérante sur brulis qui contribue à la déforestation. Pour le Professeur Tshimanga, il faut améliorer les aspects des pratiques agricoles pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) et à l’économie verte. Outre cela, l’accès à l’eau et à l’assainissement constitue un défi de taille dans la mesure où les populations qui sont dans cette zone souffrent en termes d’accès aux services d’eau potable et à l’assainissement.
Les communautés habitant le long du fleuve utilisent la même eau pour boire, se laver ainsi que pour d’autres usages. Le défi de la pollution du fleuve par les déchets des navigants et des embarcations, voire des toilettes des passagers avec comme conséquence, plusieurs maladies hydriques qui émergent sur le fleuve, un risque majeur pour les populations.
Le Professeur Raphaël Tshimanga n’a manqué de parler du défi lié à la conservation même des écosystèmes vulnérables qui stockent plus de carbone aujourd’hui pour la zone, il s’agit des tourbières et les forêts, dont les estimations de stockage de CO2 sont évaluées 21 gigatonnes de carbone stocké. La crainte est celle de voir ces espaces être détruits, constituant une véritable bombe lâchée dans l’atmosphère.
A ces défis auxquels le CVKK fait face, il convient des efforts inlassables, la mutualisation des intelligences et une ferme volonté politique pour les relever, a conclu le Directeur de l’ERE et du CRREBaC.
Ruben Ns Mayoni
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Le professeur Raphaël Tshimanga soulève des points importants concernant le Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Son analyse met en lumière des défis importants tout en soulignant l’énorme potentiel de la région. La question de l’énergie est effectivement centrale pour toute transformation agro-industrielle, et il est encourageant de voir un expert plaider pour le développement de minicentrales hydroélectriques, qui pourraient transformer la dynamique énergétique locale. De plus, son attention portée à l’agriculture durable et à l’amélioration des pratiques agricoles témoigne d’une vision éclairée et responsable pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. La mise en avant des besoins en eau potable et en assainissement montre également une compréhension profonde des enjeux sociétaux. Ce discours est un appel à l’action, et il est inspirant de constater que des voix cozrxmme celle du professeur Tshimanga se lèvent pour promouvoir un développement durable et inclusif dans cette région.
Merci beaucoup pour votre contribution