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Un colloque international sur la mise en œuvre de l’accord de Paris dans les pays subsahariens a débuté ce mardi 21 octobre 2025 à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Kinshasa. Axé sur le thème “10 ans d’actions et défis sur la préservation des forêts du Bassin du Congo“, ce débat est organisé par le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Droit de l’Environnement (CRIDE), en collaboration avec plusieurs partenaires dont l’Alliance pour la gouvernance climatique et la conservation de la biodiversité (AGCB), Juristes pour le Renforcement et l’Application des Lois dans le secteur de l’Environnement (JURISTRALE) et la Faculté de Droit de l’UPN.
En présence de la rectrice de l’UPN, le directeur de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), la représentante de l’ambassade de France en RDC, cet événement a réuni étudiants, experts et acteurs clés du secteur. L’objectif est d’évaluer les avancées et les reculs enregistrés depuis la signature de l’accord historique en 2015.
Pendant deux jours, plusieurs panels sont programmés pour couvrir les enjeux critiques. Il s’agit de l’atténuation des gaz à effet de serre, l’adaptation aux effets néfastes, le financement climatique, l’harmonisation des politiques et des Contributions Nationales Déterminées (CDN), le renforcement des capacités et le transfert de technologies, les angles morts de l’accord de Paris, ainsi que les perspectives pour une mise en œuvre renforcer.
Dans son mot d’ouverture, le doyen de la faculté de Droit, Jean Masiala Mwanda, a insisté sur la question du financement. Il a souligné que ce colloque était l’occasion “d’interroger l’efficacité des mécanismes juridiques de lutte contre l’exploitation illégale des forêts, la criminalité environnementale et les atteintes à la biodiversité”.
Il s’est également interrogé sur la transformation des engagements politiques en obligations juridiques internes : « Comment assurer l’harmonisation des législations environnementales, forestières et foncières à l’échelle sous-régionale au sein des États du bassin du Congo ? »
Et d’ajouter : « Une autre action fondamentale de ce colloque est celle du financement climatique : les fonds promis par les pays développés doivent parvenir de manière juste et équitable aux pays du bassin du Congo pour garantir la bonne gouvernance et la traçabilité.»
Interrogé par la presse, le vice-doyen de la faculté des droits et responsable du CRIDE, Cléo Mashini Mwata a rappelé l’idéal de ce colloque.

« Nous organisons ce colloque pour évaluer la mise en œuvre de l’accord de Paris. Il a été signé en 2015 et 10 ans après, nous nous sommes dits que cet accord était devenu assez mûr pour que que nous puissions évaluer sa mise en œuvre au niveau de l’Afrique subsaharienne », a-t-il déclaré.
Pour lui, les plus grands défis des États du bassin du Congo dans la mise en œuvre des engagements climatiques restent le financement et le transfert de technologie.
Grâce aux soutiens d’organisations comme le WWF, AFD et la FAO, les conclusions et recommandations qui seront issues de ces deux jours de travaux devraient inspirer les magistrats congolais, les négociateurs internationaux et les décideurs politiques.
Pour rappel, l’accord de Paris sur le climat a été adopté il y a dix ans par 196 États adoptés. Son entrée en vigueur en RDC est intervenue le 12 janvier 2018.
Bertin Al-bashir




