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COP 30 : adoption d’un Agenda pour une action climatique renforcée dans le Bassin du Congo à Kinshasa

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Après plusieurs exposés repartis en 5 sessions, dont celle portant notamment  sur :  (i) l’harmonisation des politiques, des législations et des contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN) au niveau sous-régional ; (ii) le renforcement des capacités, le transfert de technologies, la coopération, la recherche et la vulgarisation ; (iii) les angles-morts ; (iv) les perspectives pour une mise en œuvre renforcée de l’Accord de Paris dans le bassin du Congo pour la décennie 2025-2035 ; et enfin, (v) la lecture du Draft de la Note de position à présenter à la COP30 de Bélem (Brésil).

Trois temps ont marqué, en effet, cette cérémonie de clôture. Prenant la parole, le Prof Cléo Mashidi, Directeur de CRIDE et co-organisateur du Colloque, a présenté l’Agenda de Kinshasa pour l’action climatique renforcée dans le Bassin du Congo qui, dit-il, est « un document d’opérationnalisation concrète de l’ambition climatique sous-régionale » au vu des défis et limites identifiés par les exposés et débats au cours de ce Colloque. Avant d’en appeler à « un soutien politique et financier fort pour consolider les acquis et relever les défis de la gouvernance climatique dans le Bassin du Congo ».

Le Doyen de la faculté de droit, le Prof Masiala, quant à lui, a loué les échanges scientifiques fructueux et bénéfiques quant à la sous-région au cours de ce grand rendez-vous climatique. Il a conscientisé la jeunesse estudiantine et les chercheurs à faire preuve d’innovation et de créativité en vue de faire face aux aléas du changement climatique dans tous les Etats de la sous-région.

Appelée à clôturer ce Colloque, la Rectrice de l’UPN, Prof Ibebeke s’est dite émue de voir la réussite de cette activité au sein de l’UPN. Ainsi, elle a recommandé aux co-organisateurs de mettre tout au point pour rendre sous forme de publication, les Actes de ce Colloque International en vue « de renseigner les décideurs et l’opinion non pas seulement des risques liés aux changements climatiques », mais, les solutions basées sur la nature en vue « d’assurer la croissance durable à l’ère où l’humanité fait face aux menaces les plus ardues du réchauffement climatique dans le Bassin du Congo ».

Les intervenants et invités de marque lors du lancement du Colloque, mardi 21 octobre à Kinshasa

Les forêts du Bassin du Congo représentent la plus grande étendue de forêts à haute intégrité au monde. Un rapport de WWF(2023) a défini les forêts à haute intégrité, comme des « forêts structurellement intactes et en grande partie exonérées de la pression anthropique ». Cependant, depuis 1990, il faudrait le rappeler, que « plus de 80 % des forêts du Bassin du Congo ne montraient aucun signe de perturbation ». Mais actuellement, elles font face à diverses menaces, dont la déforestation. 

En effet, les pays du Bassin du Congo sont déterminants pour la réalisation des objectifs de biodiversité définis par le Cadre mondial de la biodiversité après 2020. Les hauts niveaux d’intégrité écologique des forêts du Bassin du Congo sont des opportunités uniques pour l’instauration des bonnes pratiques de planification spatiale de la biodiversité et des aires protégées (Cadre mondial de la biodiversité, Cibles 1, 3), pour promouvoir la conservation et l’utilisation durable des espèces sauvages (Cibles 4 et 5), pour développer une gestion durable des zones agricoles et forestières (Cible 10), et pour débloquer des flux financiers pour les populations autochtones et les communautés locales.

Ainsi, les pays du Bassin du Congo sont déterminants pour la réalisation des objectifs climatiques de l’Accord de Paris. Parmi les trois plus grandes forêts tropicales au monde, la forêt du Bassin du Congo demeure un grand puits de carbone absorbant près de 0,61 gigatonne nette d’équivalent dioxyde de carbone (GtCO2e) chaque année. Ce qui est similaire au total annuel des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada et à près de six fois des prélèvements nets observés dans les forêts du Bassin amazonien qui risque de devenir une source nette d’émissions si la déforestation continue. Il existe des preuves que la capacité du puits de carbone des forêts ait commencé à décliner en Afrique tropicale, selon un taux inférieur à celui relevé en Amazonie, en raison de la mortalité des arbres causée par le changement climatique. On estime que les tourbières en RDC et en République du Congo stockent approximativement 30 gigatonnes de carbone, équivalent à environ 15 années d’émissions générées par l’économie américaine.

Une décennie après la mise en œuvre de l’Accord de Paris, des efforts devraient donc être soutenus et encouragés pour renforcer la lutte contre les changements climatiques en vue de protéger finalement le second poumon vert de l’humanité.

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