À l’occasion du lancement officiel de formations de Master II en Eau-Energie & Pompage solaire et en Traitement des eaux à l’École Régionale de l’Eau (ERE) de l’Université de Kinshasa (Unikin), son Directeur Général, le professeur Raphaël Tshimanga a dressé un tableau à la fois porteur d’espoir et teinté d’urgence. Lors de son discours mardi 4 novembre depuis Brésil, il a mis en garde contre les risques de conflits liés à une gestion non durable de l’or bleu, alors que la République Démocratique du Congo dispose d’un potentiel hydrique exceptionnel.
Devant un parterre de personnalités et de partenaires, le discours en visioconférence du professeur Tshimanga a rappelé le paradoxe congolais : le pays détient le deuxième plus grand bassin fluvial au monde, une réserve stratégique pour le développement, mais ne valorise qu’une « infime partie » de ce potentiel. Il a pointé du doigt le « cruel » manque d’investissement dans la formation et le renforcement des capacités, malgré la complexité grandissante des problèmes liés à l’eau.
Face à cette situation, l’orateur a lancé un avertissement sans équivoque. « Si cet aspect est négligé, il existe des risques de conflits », a-t-il déclaré, énumérant trois sources de tensions potentielles : au sein des communautés privées d’accès à l’eau, entre les pays riverains en l’absence d’accords de partage, et entre les groupes sociaux en raison d’une perception d’injustice.
A en croire le professeur Tshimanga, c’est pour répondre à ce défi que l’ERE, avec l’appui du Programme d’Accès aux Services d’Eau et d’Assainissement (PASEA) de la Banque mondiale, forme une nouvelle génération de cadres. Il a souligné que ce programme, unique en Afrique centrale, compte désormais sept spécialisations, dont deux nouvelles : « Pompage solaire » et « Traitement des eaux usées ». Il attire des apprenants de diverses disciplines et de plusieurs pays de la région, incarnant une vocation panafricaine.
Le Directeur Général de l’ERE a salué le soutien de la Banque mondiale et de tous les partenaires, ainsi que celui du Recteur de l’Unikin, le professeur Jean Marie Kayembe Ntumba. Cette collaboration, a-t-il souligné, est essentielle pour « bâtir une société du savoir » et faire de l’ERE un « pôle d’excellence régional » dans la gestion durable de l’eau.
Pour rappel, ce programme a été financé par la Banque mondiale à travers la Cellule d’Exécution des Projets-Eau (CEP-O). Les participants sont issus des provinces de Kinshasa, du Kwilu et de plusieurs provinces du Kasaï. Il convient de noter que les 35 étudiants retenus – 20 pour la spécialisation Eau-Énergie et 15 pour le Traitement des eaux usées – ont été sélectionnés à l’issue d’un processus entamé en août de l’année en cours.
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