La sixième édition de la Conférence des Droits de l’Homme à l’ère du numérique en RDC (HakiConf 2025) s’est tenue ce jeudi 6 novembre à Kinshasa. Organisée par Rudi International, une organisation oeuvrant à l’intersection des droits humains et des technologies, cet événement vise à former les communautés, à stimuler la recherche sur les enjeux numériques et à mener un plaidoyer pour des politiques respectueuses des droits humains.
Voulant lier toute décision numérique à la protection des droits des citoyens congolais, la conférence proprement dite de HakiConf a connu une forte participation d’acteurs clés. Parlementaires, étudiants, magistrats, avocats et professionnels du secteur digital se sont réunis à côté de l’organisateur dans le but de rapprocher le plaidoyer des décideurs politiques pour mieux influencer l’action publique.
Représentant du ministre de l’Economie Numérique, Séraphin Umba Kapepe a insisté sur la protection des données personnelles, qu’il considère comme un enjeu majeur, qualifiant les données de « l’or de demain ». Il a encouragé les formateurs à sensibiliser les citoyens sur ce sujet crucial.
Sans détour, Me Umba a également mis en avant les progrès réalisés en matière de connectivité, grâce à des technologies comme Starlink et l’installation d’antennes télécoms dans des zones précédemment non couvertes. Dans son intervention, il a cité le Fonds de développement des services universels comme un levier permettant à l’Etat d’intervenir là où les opérateurs privés ne vont pas, annonçant une première phase de 40 nouveaux sites dans le Kongo Central.
« Le gouvernement agit pour réduire la fracture numérique en renforçant la connectivité sur tout le territoire grâce aux satellites, aux antennes et au Fonds de services universels. En 3 à 4 ans, la couverture du territoire national sera quasi complète », a-t-il estimé.
Après la cérémonie d’ouverture, le programme s’est poursuivi par la remise des brevets aux lauréats des formations dispensées en pré conférence. En partenariat avec le Conseil supérieur de la magistrature, des modules ont été consacrés au renforcement des capacités des magistrats civils et militaires sur le numérique et le droit du numérique. Des délégués à la protection des données ont également été formés pour doter la RDC de spécialistes en la matière.

Décentralisation de HakiConf vers Kinshasa
Le promoteur de HakiConf, Arsene Tungali, a justifié le déplacement des deux dernières éditions de Goma son fief de départ vers Kinshasa.
« Les quatre premières éditions s’étaient tenues à Goma, mais pour des raisons de sécurité et surtout pour rapprocher le plaidoyer des décideurs publics, l’organisation a décidé de tenir les éditions suivantes à Kinshasa. Ce déplacement permet de travailler directement avec les autorités, les ministres, les députés et les entreprises publiques, pour influencer plus efficacement les décisions », a-t-il expliqué.
Et d’ajouter : « La 6è édition a permis de renforcer les capacités des acteurs judiciaires et techniques sur le numérique et la protection des données, tout en favorisant une réflexion citoyenne sur les enjeux numériques actuels ».
Le programme s’est poursuivi par les formations en groupe restreints, permettant aux participants suivre le panel de leur choix. Trois panels étaient au rendez-vous : l’assainissement de l’espace numérique en RDC ; les perspectives sur les droits du numérique, les télécommunications et la connectivité ; les enjeux liés à la cyber sécurité, incluant la présentation de l’ouvrage « Quand l’information devient un jeu de conflit entre Kinshasa et Kigali ».
Lancée en 2018 à Goma, HakiConf est une conférence annuelle organisée par Rudi international et ses différents partenaires, pour garantir que les technologies numériques respectent les droits humains.
D’après l’organisateur, un agenda ambitieux est en cours de préparation pour 2026. Il réaffirme son engagement constant à former les citoyens aux technologies et à défendre leurs droits numériques face aux violations.
Bertin Al-bashir
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