Portant la voix du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la Ministre congolaise de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, a lancé un appel appuyé aux investisseurs internationaux lors de la COP30. Son message du vendredi 7 novembre à Belém était clair : la République Démocratique du Congo entend devenir le pilier de la transition énergétique juste en Afrique et offre des opportunités d’investissement à fort impact.
Le plaidoyer de la RDC s’appuie sur un potentiel présenté comme « exceptionnel ». Marie Nyange a détaillé les atouts du pays : des « métaux verts » stratégiques pour les technologies bas-carbone et un « bouquet diversifié d’énergies renouvelables ». Elle a notamment mis en avant le potentiel hydroélectrique national, estimé à 100 000 Mégawatts selon l’Atlas des énergies renouvelables du pays. Un potentiel dont seule une infime partie est actuellement exploitée, avec 2 453 Mégawatts produits par les centrales existantes.
Intervenant lors d’une table ronde sur la transition énergétique, la Ministre Nyange a salué le leadership du Président brésilien Lula avant de rappeler l’urgence de concrétiser les engagements pris lors des précédentes COP pour atteindre la neutralité carbone.
Au centre de cette ambition se trouve le mégaprojet Inga 3. La Ministre l’a présenté comme une source d’énergie « renouvelable, propre et compétitive », dont l’empreinte carbone sur trente ans ne représenterait que 0,015 % de celle d’une centrale à charbon de puissance équivalente. « Sa mise en service devrait significativement réduire les émissions de gaz à effet de serre, contribuer à la neutralité carbone régionale, décarboner le secteur minier et freiner la déforestation », a-t-elle insisté, faisant du barrage un outil multifacette pour le développement et la lutte contre le changement climatique.

Électrification rurale et industrie du futur
Au-delà des grands projets, la RDC mise également sur des solutions décentralisées. La Ministre a cité le déploiement de mini-réseaux solaires et de kits domestiques par l’agence ANSER, soutenu par un fonds innovant, le Fonds Mwinda, qui vise à mobiliser 5 milliards de dollars pour l’électrification rurale.
Parallèlement, le pays s’engage dans la chaîne de valeur des technologies vertes. Un partenariat stratégique avec les États-Unis a été évoqué pour la production de batteries de véhicules électriques. Cette initiative vise autant à sécuriser l’approvisionnement en minerais stratégiques qu’à lutter contre les circuits illicites qui alimentent l’insécurité dans l’Est du pays.
Le communiqué de sa cellule de communication renseigne que la responsable du MEDD-NEC a souligné qu’une transition « juste, souveraine et efficace, qui allie climat, développement et dignité » ne peut se faire sans un soutien financier massif. Elle a lancé un appel direct aux partenaires et investisseurs internationaux à rejoindre la RDC pour « mutualiser les efforts ». Le pays se dit ouvert aux partenariats stratégiques pour la valorisation des solutions fondées sur la nature et pour le transfert de technologies bas-carbone, présentant son territoire comme une terre d’opportunités pour une croissance durable.
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