Une soixante de participants venus du secteur privé, de l’administration forestière, de la société civile, des communautés locales et des peuples autochtones pygmées ont été sensibilisés le 07 novembre 2025 dernier à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur. Au cours d’un atelier de recadrage du secteur forestier pour son intégration dans le processus ITIE RDC, il a été démontré que la forêt est une ressource extractive exploitée sous forme de bois d’œuvre, de crédit carbone, de produits forestiers non ligneux (PFNL), et l’État y perçoit des taxes, impôts, redevances,… comme dans les autres secteurs minier, pétrolier et gazier.
Les participants ont souligné que ces perceptions doivent être affectées à plusieurs projets de développement des entités territoriales décentralisées, en retraçant les fonds perçus pour une bonne canalisation.
A en croire Joseph Bobia Bonkaw, Coordonnateur National du Bureau de veille et de gouvernance des ressources naturelles (BVGRN), qui a co-organisé cet atelier, « il y a une grande exploitation forestière abusive dans la Province de l’Équateur depuis 2019 avec forte évasion fiscale, qui ne permet pas à l’État de se faire payer comme il se doit: une exploitation forestière illégale opérée par des sujets chinois sous la bénédiction de l’autorité provinciale ».
Réaction du gouvernement provincial
Le Ministre des Finances, représentant le gouverneur de province Bobo Boloko empêché, a reconnu que la province ne contrôle pas du tout l’exploitation forestière.
Pour lui, « l’Office congolais de contrôle (OCC) devrait aider la province à se retrouver dans cette exploitation sans savoir que la Coordination provinciale de l’environnement a tous les atouts pour juguler toute cette illégalité et punir ses auteurs ».
Selon les organisateurs de cet atelier, l’ombre du gouverneur empêche le Coordonnateur provincial de l’environnement et ses équipes de travailler normalement. Le coordonnateur serait même incapable de dire avec précision combien d’exploitants forestiers se retrouveraient dans sa juridiction.

Intervention de l’ITIE
Aux vues de cette situation et de cette cacophonie, le travail de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), s’avère indispensable pour effectuer correctement la collecte des informations en lien avec le secteur forestier.
Cette récolte des informations donnera lieu à un rapport global produit sous forme d’étude de cadrage, d’orientation ou d’insertion du secteur forestier dans le processus ITIE. Ce qui permettra de suivre les activités et de retracer tous les fonds payés à l’Etat (taxes, impôts,…).
C’est dans cette optique que des missions mixtes qui s’avèrent importantes doivent être organisées par le Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat pour contribuer à la récolte des informations.
Signalons que deux autres ateliers seront organisés dans les tout prochains jours pour amener les parties prenantes sensibilisées à l’occasion de cet atelier, de procéder au remplissage des formulaires qui pourraient bien constituer la phase de récolte des informations sur ce qui se passe réellement dans l’exploitation forestière dans la province de l’Equateur.
La rédaction (avec BVGRN)
Share this content:

