Le Conseil pour la Défense Environnementale par la Légalité et la Traçabilité (CODELT) a ouvert le vendredi 19 décembre à Kinshasa, un atelier de deux jours consacré à l’analyse critique du diagnostic du secteur forestier congolais. Cet atelier, organisé avec l’appui de la fondation suédoise OLOF Palmes International Center, s’inscrit dans le processus de formulation de la nouvelle Politique Forestière Nationale (PFN), dont la validation est prévue au premier trimestre 2026.
L’objectif est de présenter aux parties prenantes une évaluation détaillée du document de diagnostic et de proposer des pistes d’amélioration pour le projet de politique. Les discussions ont porté sur le fond et la forme du diagnostic, avec des contributions, commentaires et suggestions qui seront intégrés dans les propositions finales.
Pour Me Augustin Mpoyi, conseiller technique principal du CODELT, cette initiative est une démarche citoyenne constructive.
« Notre action vise à la fois à améliorer le rapport de diagnostic du gouvernement et à renforcer le contenu matériel de la politique forestière. Ce document est essentiel pour l’avenir de nos forêts », a-t-il déclaré.
Me Mpoyi voit dans le contexte actuel – marqué par la relance du Programme de Gestion Durable des Forêts (PGDF), son audit récent et l’arrivée d’une nouvelle équipe ministérielle -une opportunité pour approfondir la réflexion.
« Tout n’est pas parfait, mais il y a des acquis et des avancées. Des éléments d’enrichissement cruciaux manquent encore, comme une analyse complète de la parafiscalité forestière dysfonctionnelle ou une révision de la classification des forêts entre domaine permanent et non permanent, qui pose d’énormes problèmes », a-t-il souligné.
Lors de son exposé, le Directeur exécutif du CODELT, Me André Kashikisha, a insisté sur la nécessité d’un diagnostic précis et honnête.

«Le but de toute réforme est de faire un retour au passé, d’analyser le chemin parcouru et les contraintes, pour apporter de nouvelles pistes d’amélioration. Cela passe notamment par la clarification des rôles dans la gouvernance et la lutte contre l’illégalité », a-t-il conclu.
Les principales recommandations issues des travaux en groupe de ce vendredi seront compilées dans un rapport. Ce document servira de base solide pour la suite des actions de plaidoyer des organisations de la société civile environnementale, dans le cadre plus large de la réforme foncière et forestière en RDC. Cet atelier s’inscrit dans une série d’activités initiée le 6 novembre 2025, démontrant l’engagement continu de la société civile à participer activement à l’élaboration d’un cadre stratégique robuste pour la gestion des forêts congolaises.
Signalons également que cette activité rentre dans le cadre de la cellule de veille stratégique environnementale, une structure de la société civile appelée à émettre des réflexions allant dans le sens d’améliorer la gouvernance environnementale en RDC.
Bertin Al-bashir
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