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À l’occasion du lancement de la nouvelle saison culturelle 2026 du Centre Wallonie-Bruxelles, qui s’est tenu vendredi 13 février à Kinshasa, plusieurs activités ont marqué la soirée, parmi lesquelles le vernissage de l’exposition photographique « Peuples et Forêts » d’Alain Huart. À travers des images saisissantes et des textes évocateurs, l’artiste a lancé une alerte tout en proposant des pistes concrètes pour aider les communautés à mieux vivre avec leur forêt.
Placée sous le thème « Racines et Horizons », cette soirée a rassemblé acteurs culturels, diplomates, artistes et un public venu de divers horizons de la capitale. Au programme : la réouverture de la bibliothèque Wallonie-Bruxelles, le vernissage de l’expo-photo, une performance du Collectif Village Zébola, suivie d’un grand concert.
Dans son discours d’ouverture, David Thonon, Délégué général Wallonie-Bruxelles, a souligné l’ancrage de cette saison culturelle dans les enjeux contemporains. « Cette saison portera des projets liés au climat, à la biodiversité, à la durabilité, parce que protéger les racines de la terre, c’est protéger notre avenir commun », a-t-il déclaré.

Il a poursuivi : « Ici, en RDC, les racines ont aussi un sens très concret. La terre. La forêt. Le Bassin du Congo, l’un des grands poumons verts de la planète. Dès lors, parler de culture sans parler d’environnement… ce serait un peu comme organiser une fête sans musique. Il manquerait l’essentiel. »
À travers son exposition « Peuples et Forêts », Alain Huart a emmené le public dans un périple visuel, des sources du fleuve Congo sur le Lualaba jusqu’à son estuaire. L’exploration traverse la forêt équatoriale, la forêt sèche du Miombo, les aires protégées, les tourbières et les mangroves. Le photographe met en lumière l’arbre sous toutes ses formes – feuillages, canopées – dans différents écosystèmes, tout en tissant le lien entre l’eau du ciel, du sol et de l’air. L’exposition propose également des rencontres avec les peuples qui habitent ces forêts.
Parmi les œuvres présentées figurent « Paysanne et 3 enfants », un patchwork de tissu pagne au bord du Lualaba, « Forêt écotouristique des bonobos à Malebo », « Singe magistrat de rassasie dans la canopée » ou encore « L’arbre des singes au point d’eau d’Epulu ».

Sur l’un des panneaux, Alain Huart interpelle le visiteur : « L’avenir de la RDC à l’horizon 2100 dépendra largement des comportements humains, de la façon dont les forêts seront épargnées, exploitées durablement et protégées. La disparition des forêts et les sécheresses en Afrique de l’Ouest, au Sahel, dans la Corne de l’Afrique, en Afrique de l’Est et du Sud alimentent déjà, depuis des décennies, l’exode des campagnes vers les villes. Cette émigration fait grandir des villes déconnectées de la ruralité et dépendantes, accumulant chômage et non-emploi. »
Des solutions concrètes pour l’avenir des forêts
L’expo-photo ne se limite pas à un constat : elle a également proposé des solutions pour un dialogue constructif entre les acteurs clés du secteur. Alain Huart met en avant plusieurs pistes d’action dont :
- La foresterie communautaire : un processus légal avancé, avec 308 communautés en RDC ayant reçu la responsabilité de gérer leurs forêts sur une superficie totale de 5,7 millions d’hectares, avec leur consentement préalable.
- La reforestation et la régénération : des initiatives comme IBI Village, Mampu, ou encore Mami Village et Manzonzi, près de la biosphère de Luki (Kongo Central), accompagnées d’une rémunération des communautés basée sur les résultats.
- La prévention des feux : éviter les feux systématiques de saison sèche et former des brigades préventives.
- La filière bois-énergie : optimisation de la carbonisation, production de charbon de bois écologique, développement du biogaz et d’autres énergies renouvelables.
- Les filières agricoles durables : plantations pérennes sédentarisées, avec un record pour le cacao qui a atteint un milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2025, grâce à l’appui des ONG TRIAS et RIKOLTO.
- L’agroécologie périurbaine : incluant élevage, apiculture et pisciculture, soutenue par l’APEFE et ULB Coopération.
- L’économie circulaire : des exemples concrets comme la Sucrière de Kwilu Ngongo, Kuilu Briques, ou le biogaz électrifiant.
- Les Paiements pour Services Environnementaux (PSE) via le fonds CAFI.
- La finance carbone, documentée par les rapports de CENADEP et HUMUNDI.

Il appert de dire que l’exposition « Peuples et Forêts » incarne ainsi la volonté du Centre Wallonie-Bruxelles de placer la culture au cœur des défis environnementaux, en offrant un espace de réflexion et d’inspiration pour un avenir durable.
Bertin Al-bashir
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