Un consortium de 22 organisations congolaises et internationales de défense de l’environnement et des droits des communautés locales a adressé un courrier au représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) en RDC, René Tapsoba, pour dénoncer le calendrier « irréaliste » de la révision du Code forestier. Alors que le gouvernement congolais s’est fixé pour objectif de disposer d’un avant-projet de texte d’ici fin mars 2026, les signataires estiment qu’un tel délai ne permettra ni une participation effective des parties prenantes, ni une cohérence avec les autres réformes en cours, notamment la finalisation de la Politique forestière nationale (PFN).
Dans cette lettre publiée mardi 11 février, dont copie a été transmise à la présidence de la République, à la Primature, ainsi qu’au Groupe inter-bailleurs pour l’environnement et le climat (GIBEC) et à l’initiative CAFI, les organisations rappellent que « aucun groupe de travail technique n’a encore été mis en place » et que la PFN, qui doit orienter la nouvelle loi, est toujours en chantier.
Le courrier met en lumière un lien direct entre l’accélération du processus et les conditionnalités liées au décaissement du FMI dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité. Ces ONG appellent l’institution de Bretton Woods à ne pas conditionner le prochain versement à l’adoption rapide du texte, un mécanisme jugé « contre-productif » et contraire à « l’esprit » des engagements environnementaux de la RDC.
« Une approche accélérée serait incompatible avec les exigences de participation et de transparence définies dans la Constitution congolaise, ainsi qu’avec les engagements internationaux du pays (CDB, CCNUCC, DNUDPA) », peut-on lire dans ce document.

Les signataires – parmi lesquels figurent le Groupe de Travail Climat REDD+ Renové (GTCRR), APEM, Rainforest Foundation Norway et UK, ou encore la Coalition des femmes leaders pour l’environnement et le développement durable (CFLEDD) – demandent au gouvernement de finaliser la Politique forestière nationale en intégrant les propositions de la société civile ; adopter un calendrier consensuel incluant la mise en place rapide des groupes de travail ; garantir la participation des peuples autochtones, des communautés locales, des femmes et des acteurs provinciaux.
Elles exhortent par ailleurs le FMI et le GIBEC à encourager une feuille de route fondée sur la qualité du processus plutôt que sur la rapidité d’exécution.
« Nous demeurons convaincus qu’un processus participatif et bien séquencé renforcera la gouvernance, consolidera les droits des communautés et contribuera à une gestion durable des forêts », conclut le courrier, dont les rédacteurs se disent disponibles pour contribuer aux travaux.
Benjamin Mudumbi
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