À l’occasion de la Journée internationale du Zéro déchet, célébrée le lundi 30 mars 2026, l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) tire la sonnette d’alarme : la République démocratique du Congo ne dispose toujours pas d’une réglementation spécifique et cohérente pour encadrer la gestion des déchets, malgré un arsenal juridique existant. Dans un communiqué publié pour la circonstance, l’organisation rappelle « l’impérieuse nécessité d’adopter une politique et une réglementation spécifique », seule à même de définir une vision nationale claire couvrant toute la chaîne de gestion (collecte, transport, stockage, recyclage, élimination et surveillance des sites).
Selon l’ONU, environ 60 % du gaspillage alimentaire mondial provient des ménages. En RDC, une grande partie des déchets jonchant les rues, notamment à Kinshasa, est d’origine alimentaire et ménagère. Pourtant, souligne JUREC, ces déchets pourraient être valorisés et devenir des sources de revenus pour l’État et les familles, via le marché des crédits carbone et les « carbones de déchets ».
Pour JUREC, la RDC a certes adopté plusieurs textes : Constitution, loi-cadre sur l’environnement (n°11/009 du 9 juillet 2011), loi sur la conservation de la nature, décret de 2017 interdisant les emballages en plastique, etc. Mais l’absence d’une politique spécifique aux déchets fragmente les efforts. Résultat : croissance démographique, urbanisme non maîtrisé, faiblesse des moyens financiers et techniques des provinces, absence de répression efficace des pollueurs… Autant de freins à une gestion optimale.
L’ONG salue toutefois des initiatives locales comme la Régie de gestion des déchets de Kinshasa et le programme « Ville assainie ».

A cette fin, l’organisation JUREC exhorte le gouvernement à prendre plusieurs décrets d’application prévus par la loi-cadre (normes de stockage, recyclage, traitement ; nomenclature des déchets importés ; gestion des déchets radioactifs). Elle demande également la création de centres d’enfouissement technique, le renforcement de la répression, la promotion de l’économie circulaire, ainsi que des partenariats public-privé.
Au Parlement, l’ONG recommande un renforcement de la fiscalité sur les déchets. La société civile est appelée à intensifier la sensibilisation et le plaidoyer pour des financements. Les universités doivent développer la recherche sur la gestion des déchets, et les partenaires techniques et financiers à accompagner le gouvernement dans l’élaboration de la réglementation spécifique.
Par ailleurs, le secteur privé est invité à investir dans la collecte, le tri, le recyclage et le traitement des déchets, tout en utilisant des matériaux moins polluants.
« Les déchets ne sont plus uniquement des substances à éliminer, mais aussi une source de revenus, notamment dans la lutte contre le changement climatique », conclut le communiqué de JUREC, qui réaffirme son engagement à accompagner toutes les parties prenantes vers une gestion durable.
Instituée par la résolution 77/161 de l’Assemblée générale des Nations Unies le 14 décembre 2022, cette journée vise à promouvoir des modes de consommation et de production durables. Le thème 2026 – « Le zéro déchet commence dans votre assiette » – met l’accent sur l’alimentation.
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