Un signal fort vient d’être envoyé depuis Kinshasa. Réunis en session stratégique, les membres du Conseil consultatif de l’Initiative interreligieuse pour les forêts tropicales (IRI-RDC) ont validé l’entrée de deux nouvelles structures clés : le Réseau national des observateurs indépendants des ressources naturelles (RENOI) et l’École régionale post-universitaired’aménagement et de gestion intégrés des forêts et territoires tropicaux (ERAIFT). Une décision qui marque un tournant dans la structuration du plaidoyer environnemental en République démocratique du Congo.
Avec cette désignation, l’IRI-RDC élargit son socle d’expertise. D’un côté, le RENOI, acteur majeur de la société civile, renforce le dispositif d’observation indépendante et de veille citoyenne sur la gestion des ressources naturelles. De l’autre, l’ERAIFT apporte une assise scientifique et technique, essentielle pour alimenter les politiques publiques en données fiables et en analyses stratégiques.
Au-delà de l’élargissement institutionnel, la réunion a permis de consolider les acquis et de tracer les perspectives. Le rapport narratif et financier de l’année 2025 a été adopté, validant ainsi les efforts déployés en matière de plaidoyer, de mobilisation interreligieuse et de sensibilisation communautaire. Dans la même dynamique, le Plan de travail et budget 2026 a été approuvé, traduisant une volonté claire d’intensifier les actions face aux défis persistants de déforestation et de gouvernance forestière.
L’un des moments clés de la session reste l’adoption du chronogramme du deuxième trimestre (T2), véritable feuille de route opérationnelle. Ce calendrier met en priorité la révision du Code forestier de 2002, un chantier stratégique pour adapter le cadre légal aux réalités actuelles de la RDC. Gouvernance fragile, droits insuffisamment sécurisés pour les communautés locales, incohérences intersectorielles : les défis sont nombreux et appellent des réponses structurelles.

Dans cette perspective, le Conseil consultatif prévoit une série d’actions concrètes : l’élaboration d’une note de contribution sur la révision du Code forestier, la mobilisation d’experts issus des institutions membres, le plaidoyer auprès des institutions publiques et l’implication directe du Ministère de l’Environnement et Développement Durable (MEDD-NEC).
Autre annonce majeure : le lancement officiel de la campagne « Pas de forêts, Pas d’avenir », programmé pour le 22 mai 2026, à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité. Cette initiative vise à fédérer les énergies autour d’un message clair : sans protection des forêts, aucun développement durable n’est possible. Au programme : ateliers, interventions médiatiques, actions de terrain. Le dispositif s’annonce ambitieux et inclusif.
En filigrane, une conviction se dessine : la protection des forêts congolaises ne peut se faire sans une alliance forte entre science, société civile, autorités publiques et leaders religieux. En intégrant le RENOI et l’ERAIFT, l’IRI-RDC franchit un pas de plus vers un plaidoyer plus structuré, mieux outillé et résolument tourné vers l’impact.
Dans un pays qui abrite une part essentielle des forêts du bassin du Congo, l’enjeu dépasse les frontières nationales. Et les décisions prises aujourd’hui pourraient bien peser durablement sur l’avenir écologique de toute une région.
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