Face aux inquiétudes grandissantes des populations riveraines des sites miniers du Haut-Katanga et du Lualaba, la ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), Marie Nyange Ndambo, a apporté une réponse ferme et détaillée aux élus nationaux lors d’une plénière d’une ambiance tendue mais constructive, le jeudi 2 avril dernier à l’Assemblée Nationale. Invitée à répondre à cette question d’actualité du député Eric Tshikuma Mwimbayi, la patronne du MEDD était allée plutôt rassurer. En jeu ? La gestion des dégâts collatéraux de la fièvre minière qui secoue la RDC, plus particulièrement ces deux provinces et leurs bassins de vie.
« La question posée vaut son pesant d’or », a d’emblée reconnu la ministre, saluant la pertinence d’un sujet où « les activités minières, si elles contribuent au développement économique, engendrent également des effets transversaux qui touchent l’environnement, la santé, l’agriculture, l’élevage et les cadres de vie des populations riveraines. »
Face aux élus du peuple, Marie Nyange n’a pas éludé les difficultés. Elle a dressé un constat sans fard : malgré un arsenal juridique récent – notamment l’ordonnance-loi de 2023 sur l’environnement et le Code minier révisé de 2018 – les mécanismes de protection restent entravés par un vide majeur. « Le principal défi réside dans l’absence d’un code pénal de l’environnement », a-t-elle martelé, déplorant des sanctions éparses et inopérantes faute de procédures harmonisées. Autre angle mort : le chevauchement des rôles entre son ministère et celui des Mines, source de « dysfonctionnement des actions du gouvernement sur le terrain ».
Pourtant, selon la Cellule de communication du MEDD, la ministre a tenu à montrer les dents. Elle a rappelé les missions conjointes menées après la rupture du bassin de rétention de la société CDM à Lubumbashi en novembre 2025, ou encore les pollutions imputées à Ruashi Mining et Tenke Fungurume dans le Lualaba. Des commissions ad hoc tournent déjà, et une synthèse des infractions pour 2025-2026 sera prochainement transmise à la Chambre basse. « Certaines pratiques ont été qualifiées de crimes environnementaux », a-t-elle averti, annonçant une volonté de sanctions et de réparations à la hauteur des préjudices.
Pour sortir de l’impunité, d’après la même source, Marie Nyange plaide en trois axes : l’adoption d’un code pénal environnemental unique, l’élaboration des décrets d’application manquants, et une clarification des rôles entre l’Agence Congolaise de l’Environnement et la Direction de la police minière. À court terme, la ministre a annoncé l’installation de capteurs de pollution sur les sites sensibles et la mise en place d’un système d’alerte précoce, avec distribution d’eau potable, prise en charge sanitaire et délocalisation des populations les plus exposées.
« Nous travaillons sur instruction de la Première ministre, consécutivement à la décision de la 80e réunion du Conseil des ministres », a conclu la ministre, promettant que les populations ne paieraient plus seules le prix de la richesse minière. Reste à transformer l’essai législatif en réalité sur le terrain.
Avec CellCom MEDD
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