Face à ce qu’elle qualifie d’« attaques répétées, mensongères et profondément malveillantes », l’intersyndicale de l’entreprise Plantations et Huileries du Congo (PHC SA) a tenu un point de presse samedi 25 avril à Kinshasa, pour fixer l’opinion nationale. Par la voix de Crispin Loko Zowa, secrétaire général du syndicat Solidaire, les organisations syndicales ont fermement exprimé leur soutient à cette entreprise agro-industrielle.
À l’accoutumée, PHC SA comptait l’État congolais parmi ses actionnaires, en qualité de catégorie B. Le gouvernement congolais détenait 66.733 actions (soit 23,83 % du capital) aux côtés de l’actionnaire majoritaire Straight KKM2 (catégorie A). Selon PHC SA, cette configuration impliquait une représentation de l’État au conseil d’administration et une participation aux décisions stratégiques de l’entreprise.
L’intersyndicale, qui regroupe les centrales CC, STP, OTUC, DOC, UNTC, ÉCO, CDT et Solidarité, estime que les récentes campagnes de déstabilisation visent à « salir l’image » de l’entreprise et à compromettre son avenir, menaçant directement un outil économique jugé stratégique pour la souveraineté alimentaire et le développement rural.
Au cœur des tensions : la sortie de l’État congolais du capital de PHC SA, dans le cadre d’une opération de recapitalisation déjà finalisé. L’intersyndicale affirme que cette démarche, conforme au droit de l’OHADA, répond à une nécessité vitale pour :
- éviter la liquidation pure et simple de l’entreprise ;
- rétablir l’équilibre financier ;
- assurer la continuité des activités ;
- sauvegarder les emplois congolais.
Au cours de ce point de presse, les syndicats ont alerté sur les conséquences graves d’une fragilisation de PHC SA. Selon eux, au-delà du péril sur les moyens de subsistance de milliers de familles, une désorganisation des sites entraînerait une hausse du chômage des jeunes, favorisant délinquance et insécurité dans des zones déjà vulnérables. Sur le plan national, ces attaques enverraient « un signal négatif aux investisseurs », freinant la dynamique des transformations agricoles voulue par le chef de l’État.
Mise en garde solennelle

L’intersyndicale réaffirme son « soutien total et sans ambiguïté » au processus de recapitalisation et appelle les autorités compétentes à protéger PHC SA et ses travailleurs. « Les travailleurs de PHC SA ne resteront pas passifs face à des actions qui compromettent leur avenir, celui de leur famille et celui de leur communauté », a mis en garde l’intersyndicale.
La déclaration se veut un plaidoyer pour la stabilité économique et sociale, en « cohérence avec la vision des transformations portée par le chef de l’État ».

Pour rappel, PHC SA emploie plus de 11 000 travailleurs, majoritairement en milieu rural, et joue un rôle clé dans plusieurs provinces du pays. Cette démarche de l’intersyndicale s’inscrit dans une volonté d’arrêter l’hémorragie qui risquerait de déstabiliser la sécurité sociale des communautés locales vivant des activités génératrices d’emplois menées par cette entreprise.
Cette démarche était d’ailleurs soutenue par Sa Majesté Jean Francis Ilinga, venu du territoire de Basoko (Tshopo). Présent dans la salle, il a porté la voix de ses pairs afin de maintenir l’avenir industriel de la société PHC.
Il convient de noter que sans la recapitalisation, PHC ne serait pas en situation de faillite. A l’inverse, elle serait fortement limitée dans sa capacité à développer des projets structurants et porteurs pour le secteur agro-industriel, ce qui entraînerait une stagnation de ses activités.
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