« Il n’y a pas de pollution et de déforestation zéro », dit-on, mais tout cela pourrait être évité si l’on y prend garde. Dans le Grand Katanga et même ailleurs à travers le pays, la déforestation et la pollution se portent bien. Face à une situation qualifiée de catastrophique dans cette partie du pays, des voix se lèvent pour exiger des actions concrètes de la part du Gouvernement et des autorités compétentes. L’organisation internationale Greenpeace Afrique, voix crédible portée par des millions de citoyens à travers le monde pour protéger la forêt, l’eau, l’air, le sol, bref les quatre éléments essentiels de la nature, est parmi ces structures qui lèvent la voix.
Par la bouche de son Représentant pays (RDC), le Professeur Georges Milumbu, Greenpeace Afrique note que la déforestation s’accélère à une vitesse vertigineuse dans le Grand Katanga. Les faits sont tels que l’utilisation du charbon de bois par les ménages constitue un grand défi pour la province dans la lutte contre la déforestation.
Plusieurs défis sont à relever pour renverser la tendance. En cuisinant avec le charbon de bois, le Professeur Grorges Milumbu souligne que c’est un arbre qui est coupé quelque part dans la région. Les rivières sont polluées et les communautés ne savent pas à quel saint se vouer, car privées de leurs ressources vitales.
« Combien sont ces ménages qui utilisent la braise dans le Grand Katanga pour cuisiner, se pose-t-on la question de savoir qu’un arbre est coupé quelque part ? », s’est interrogé le Représentant pays de Greenpeace Afrique.
A en croire le Professeur Georges Milumbu, en regardant le paysage des provinces du Kongo central et du Grand Katanga, on voit à perte de vue des espaces vides sans qu’aucun arbre ne puisse arrêter la vue, à cause de la déforestation. Tout cela est exacerbé par la pression du mouvement des populations de plus en plus grande.
« Lorsque vous voyez que l’eau que vous devez boire n’est plus consommable, sachez qu’il y a une entreprise qui a pollué cette rivière », a ajouté Professeur Grorges Milumbu.
Au-delà des carrés miniers qui déforestent, il y a également la recherche des espaces pour transporter ou stocker les minerais, ce qui qui porte également un coup dur à la forêt dans cette partie du territoire national.
Le Fonds forestier national (FFN) qui est chargé dureboisement ne retourne aucun rond dans le Grand Katanga pour reboiser les espaces déboisés par l’activité minière, et aucun arbre n’est planté, fait remarquer le Représentant pays de Greenpeace Afrique en RDC.
Yeux rivés sur les fonds de compensation
A ce sujet, le Représentant pays de Greenpeace Afrique s’est insurgé contre cette attitude qui consiste à attendre les compensations liées aux fonds internationaux, pendant que des fonds sont disponibles au niveau national mais qui sont mal gérés, ne servant qu’au paiement des salaires faramineux et autres dépenses inutiles, soit 80%, et 20 autres pourcents sont destinés aux investissements, avec des résultats insignifiants.
Bonne gouvernance, potion magique ?

Pour juguler un tant soit peu la crise environnementale dans le Grand Katanga quant à la déforestation et la pollution, Greenpeace Afrique pense que la solution reste la « bonne gouvernance dans la gestion des fonds et des ressources naturelles ».
« Il n’y a aucun bailleur de fonds qui peut mobiliser et financer un projet quelconque à hauteur de 40 millions de dollars américains par an en faveur des entités territoriales décentralisées (ETD) de la République démocratique du Congo. Chaque dépositaire de pouvoir doit poser des actions en faveur de ses administrés, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays. La mauvaise gouvernance donne l’impression que le Congo n’a pas de moyen et pourtant ce n’est pas le cas », note Greenpeace Afrique.
Avec 40 millions de dollars, il est possible de construire des écoles, des centres de santé et même des infrastructures routières et en fourniture d’eau, mais aucune réalisation n’est visible malgré ces moyens financiers qui terminent dans les poches des individus, regrette le Professeur Milumbu, caractérisé d’un manque de planification pour ces responsables des ETD, qui a comme conséquence aucun changement durable des Entités territoriales décentralisées.
La transition énergétique pour laquelle la RDC produit les minerais stratégiques est une coquille vide pour le pays qui manque même des experts en la matière.
« La RDC pense que les experts en transition énergétique vont descendre du ciel comme par miracle, ne pensant pas sur les questions de formation de ces derniers pour résister dans la globalisation actuelle », insiste Georges Milumbu.
Il termine par souligner la nécessité de mettre sur pied « un plan local de développement » dans lequel les secteurs et les autres entités définissent leurs priorités comme c’est le cas du Secteur de Malamba qui a construit 26 écoles et des centres de santé. Dans ce secteur, des moyens alternatifs ont été créés pour éviter la pression anthropique sur les forêts en prenant les questions environnementales comme leur priorité.
Ruben Ns Mayoni
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