Crise humanitaire dans l’Est de la RDC : FACID appelle le gouvernement et la communauté internationale à protéger les femmes victimes de la guerre

Crise humanitaire dans l’Est de la RDC : FACID appelle le gouvernement et la communauté internationale à protéger les femmes victimes de la guerre

Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 26 mars à Kinshasa, l’ONG Femmes Autochtones et Communautés locales pour le Développement durable et Participatif (FACID) a interpellé le gouvernement congolais et ses partenaires internationaux face à l’urgence humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). À travers un mémorandum, l’organisation a lancé un appel pressant pour une mobilisation en faveur des femmes, des filles et des enfants, premières victimes des atrocités commises dans cette région en proie à l’instabilité et l’insécurité.  

Dans un contexte où les violences sexuelles, les déplacements forcés et les exactions se multiplient, les droits fondamentaux des femmes et des filles sont systématiquement bafoués. Malgré la présence d’acteurs nationaux et internationaux, leur protection reste insuffisante, aggravant une précarité déjà criante.  

FACID, soutenue par ses partenaires, propose une aide d’urgence aux ONG locales œuvrant sur le terrain. « Ces structures, souvent démunies, tentent de redonner un semblant d’espoir aux victimes », a souligné Dorothée Lisenga, coordonnatrice de FACID.  

Dorothée Lisenga a lancé un cri d’alarme : « Les peuples autochtones et les communautés locales sont abandonnés à leur triste sort. Nous exigeons des actions concrètes pour rétablir une paix durable et garantir la sécurité des civils ». 

Le mémorandum de FACID sera remis aux autorités congolaises, notamment au Premier ministre, au Parlement, ainsi qu’à la MONUSCO. 

Parmi les principales recommandations, au gouvernement congolais, FACID demande d’œuvrer pour un retour immédiat de la paix dans l’Est du pays ;  de renforcer les actions politiques, militaires et diplomatiques en faveur des populations vulnérables ;  de sécuriser les civils et faciliter leur accès aux besoins primaires (nourriture, soins de santé, abris) ;  de soutenir financièrement les ONG locales aidant les victimes.  

Au Parlement, cette ONG des femmes recommande d’activer la diplomatie parlementaire pour une résolution durable du conflit ; de légiférer contre l’impunité des crimes commis dans la région.  

Enfin, à la MONUSCO, FACID sollicite l’intensification de la protection des civils, en particulier des femmes et des enfants ; la facilitation du retour sécurisé des déplacés dans leurs villages d’origine ; l’apport d’une assistance médicale et psychologique aux victimes de violences.  

Les ONG locales en première ligne, mais fragilisées  

À Goma (Nord-Kivu) et à Bukavu (Sud-Kivu), de nombreuses ONG féminines ont dû cesser leurs activités en raison de l’insécurité. 

« La guerre a détruit nos réseaux, épuisé nos ressources et laissé des milliers de personnes sans assistance », a déploré la patronne de FACID qui exhorte la communauté internationale de passer des discours aux actes. 

« Le temps n’est plus aux déclarations, mais à des interventions urgentes et coordonnées », a conclu Dorothée Lisenga.

Bertin Al-bashir

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