Forêts et hydrocarbures : la RDC sous le feu des critiques pour l’ouverture de 52 nouveaux blocs pétroliers
Dans un communiqué publié ce lundi 5 mai, la Coalition Notre Terre Sans Pétrole condamne fermement la décision du gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) d’ouvrir 52 nouveaux blocs pétroliers dans la cuvette centrale. Annoncée lors du Conseil des ministres du 2 mai dernier, cette mesure suscite de vives inquiétudes quant à ses impacts écologiques, sociaux et climatiques.
Selon ce document, la RDC se présente comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, cette relance de l’exploration pétrolière au cœur du bassin du Congo apparaît comme une contradiction majeure. D’après la Coalition, les forêts concernées, parmi les plus riches en biodiversité, jouent un rôle crucial dans le stockage du carbone. La coalition dénonce une tentative de « verdissement » d’une politique incompatible avec l’Accord de Paris et les engagements environnementaux du pays.
Menace sur le Couloir Vert Kivu-Kinshasa
Plusieurs blocs empiètent sur le Couloir Vert Kivu-Kinshasa (CVKK), un projet de restauration écologique soutenu par des financements internationaux. Ce chevauchement risque non seulement de compromettre ces partenariats, mais aussi de fragiliser l’image de la RDC comme « pays-solution » dans la transition écologique mondiale.
La coalition rappelle l’échec de l’exploitation pétrolière à Moanda, marquée par des pollutions durables, des dégâts sur la biodiversité et des conflits locaux.
« Reproduire ce modèle à grande échelle sacrifierait les populations et l’environnement pour un développement illusoire », alerte-t-elle.
Dans son communiqué, la Coalition Notre Terre Sans Pétrole rappelle qu’en 2022, un appel d’offres similaire avait échoué faute d’intérêt des investisseurs. Relancer ce projet dans un contexte climatique et financier encore plus défavorable expose, selon la coalition, à un nouvel échec. Elle exige l’annulation des blocs déjà attribués et un moratoire sur toute exploitation pétrolière en RDC, appelant les partenaires internationaux à ne pas soutenir ces projets.
Il faut noter par ailleurs que la Coalition Notre Terre Sans Pétrole invite le gouvernement à privilégier un modèle de développement durable, fondé sur la protection des forêts et des droits des communautés.
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