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Après quatre jours de débats intenses à Brazzaville (Congo), le premier congrès mondial des peuples autochtones et communautés locales des bassins forestiers s’est achevé jeudi 29 mai. Réunissant des délégations des forêts tropicales d’Amazonie, du Congo, de Bornéo-Mékong et de Mésoamérique, l’événement a permis d’élaborer une position commune et un plan d’action pour répondre aux défis de ces populations.
À cette occasion, le chef de division au ministère de l’Environnement de la RDC, Daniel Mukubi a souligné l’importance symbolique de la tenue du congrès au Congo : « Le bassin du Congo est désormais reconnu comme le premier poumon planétaire, séquestrant plus de carbone que l’Amazonie. Les peuples autochtones y jouent un rôle clé dans la préservation de la biodiversité. »
Dans sa noté d’information publiée à l’issue de ces assises, le Réseau des Peuples Autochtones d’Afrique Centrale (REPALEAC) renseigne que cette initiative visait à rassembler les communautés forestières mondiales pour aborder leurs préoccupations communes, notamment le manque d’accès direct aux financements climatiques.
Pour cet effet, les participants ont plaidé pour une simplification des mécanismes de financement, souvent bloqués par une bureaucratie excessive. « Seuls 20 à 30 % des fonds atteignent réellement les communautés », a déploré Patrick Saidi, coordonnateur de la Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones (DGPA). L’objectif est désormais d’inverser cette tendance, en assurant que plus de 90 % des fonds soutiennent directement des projets communautaires.
Parmi les attentes figurent entre autres, l’opérationnalisation du Fonds TFFF (Tropical Forest Finance Facility) pour les forêts tropicales; une déclaration commune à porter à la COP30 au Brésil, appelant à des engagements concrets; la concrétisation des promesses financières, dont 1 milliard de dollars annoncés depuis Glasgow.
Prochaines étapes : passer des promesses aux actes
Les organisateurs espèrent que ce forum marquera un tournant, évitant que les engagements ne restent lettre morte. « Il faut que les bailleurs accélèrent les financements avant la COP30 », a insisté Patrick Saidi.
Par ailleurs, une note d’engagement a été adoptée, visant à renforcer les mécanismes de financement communautaire, comme le fonds CLARIFI (en partenariat avec RRI).




