En marge de la célébration de la 77ème Journée de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 2025, l’ONG Organisation congolaise des écologistes et amis de la nature (OCEAN), avec l’appui de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas en RDC, a organisé une rencontre haute en couleur jetant le regard sur les défenseurs et défenseuses des droits humains (DDH) en République démocratique du Congo (RDC), qui dispose d’une loi protégeant et responsabilisant les DDH, la loi n°23-027 du 15 juin 2023 relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits de l’homme en RDC.
Axé sur le thème, « droits humains, nos essentiels de tous les jours », cette journée a fait l’écho de l’application des droits de l’homme en RDC, en présence des défenseurs des droits humains, particulièrement des droits des femmes, et de quelques personnalités, dont le président de la commission nationale des droits de l’homme (CNDH), des autorités coutumières et des Nations Unies.
« Aujourd’hui avec l’organisation OCEAN, mettre les projecteurs sur un acteur spécifique important parmi tant d’autres qu’est la femme défenseure des droits humains, nous ne pouvons qu’applaudir. Parce que cette actrice femme, parmi les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits de l’homme, contribue à ce que le monde ne dérape pas comme toujours… », a souligné Paul Nsapu, Président de la Commission nationale des Droits de l’Homme.
Co-organisatrice de l’événement, l’Ambassadrice du Royaumedes Pays-Bas, a donné sa vision sur les droits de l’homme.
« Les droits de l’homme sont avant tout une question de dignité, le droit de vivre sans peur, d’être entendu et d’avoir accès à la justice, à l’éducation et à des conditions de vie descentes. Ils se traduisent par des réalités simples mais essentiels, une école sûre pour les enfants, une société civile qui peut s’exprimer librement, des institutions qui protègent plutôt qu’elles n’intimident », a souligné l’Ambassadrice du Royaume des Pays-Bas en RDC, Angèle Samura.
Et d’ajouter : « dans un pays marqué par des conflits prolongés et violents l’importance des droits de l’homme apparait comme une force particulière. Leur absence n’est pas une abstraction, elle touche des vies réelles, fragilise des familles et des communautés entières », a-t-elle martelé.
Plusieurs femmes activistes dans différents domaines ont indiqué les défis à relever dans l’exercice de leurs activités de défenseuses des droits de l’homme dans leurs secteurs respectifs.

Le travail des défenseurs des droits de l’homme en RDC est périlleux, à en croire l’Ong OCEAN.
« En cette journée mémorable, le message de l’Ong OCEAN est que les défenseurs des droits de l’homme sont délaissés, et pourtant ils travaillent jour et nuit pour la protection des droits humains. En organisant cette activité, nous avons faitun focus sur les défenseuses des droits de l’homme en situation de conflit, d’où l’invitation des femmes défenseuses des droits humains pour connaître leurs défis », a soulignéKass Alidor Muteba de OCEAN qui a organisé cette activité.
De son côté, le Conseiller politique à l’Ambassade des Pays-Bas en RDC, a appelé le gouvernement congolais àun accompagnement et une reconnaissance du travail abattu par les défenseuses des droits humains.
« L’appel, que les autorités puissent aider à la protection de ces femmes et à la promotion du travail qu’elles font. C’est pourquoi nous avons invité le président de la Commission nationale des droits de l’Homme pour nous dire ce que l’État peut faire en vue de protéger ces femmes, quels sont les mécanismes dans l’arsenal juridique congolais qui permettent de les protéger », a déclaré Claude Kyanza.
Signalons que la Loi n°23-027 du 15 juin 2023 relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits de l’homme en RDC constitue une avancée pour la RDC, mais les défenseurs des droits humains estiment que le législateur congolais a restreint leur travail et les criminalisent davantage.
Ruben Ns Mayoni
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