Dans une lettre formelle datée du 16 décembre 2025, l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) a officiellement félicité le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, pour son engagement dans la lutte contre la criminalité environnementale. Cet encouragement fait suite à l’enquête judiciaire ordonnée par le ministre après une importante pollution causée par une entreprise minière dans le Haut-Katanga.
Dans cette lettre signée par son Président du Conseil d’Administration, Félix Credo Lilakako Malikuka, dont copie a été transmise à la Première ministre et à la ministre de l’Environnement, et parvenue à la rédaction de Vers Vert Infos, JUREC se dit « avec grande satisfaction » avoir pris connaissance du communiqué ministériel n°006 du 18 novembre 2025. Ce communiqué réagissait à un incident survenu le 4 novembre dernier : la rupture d’un bassin de rétention de l’entreprise Congo Dongfang Mining (CDM) à Lubumbashi. Cet accident a provoqué le déversement d’une importante quantité d’eaux usées dans le quartier Kassapa, une commune annexe de la ville, créant une « véritable catastrophe environnementale » et exposant la population à des risques sanitaires graves.
L’organisation JUREC, qui fait de la lutte contre l’impunité des crimes écologiques son « cheval de bataille », qualifie la décision du ministre de la Justice d’« acte citoyen » visant à décourager les pratiques d’écocide. L’organisation y voit un signal fort dans la protection du droit à un environnement sain, garanti par la Constitution de la Republique Démocratique du Congo.
Plaidoyer de JUREC

Au-delà des félicitations, l’ONG en profite pour réitérer un de ses principaux plaidoyers : la création de cellules ou chambres spécialisées en matière environnementale au sein des tribunaux à travers le pays. D’après la lettre, ces structures seraient dédiées à la poursuite et au jugement des auteurs, physiques ou moraux, de violations des lois sur l’environnement.
En attendant la concrétisation de ce projet, JUREC encourage le ministre à systématiser la démarche initiée avec l’affaire CDM. Elle l’exhorte à « ne pas hésiter » à ordonner des poursuites, via le Procureur Général près la Cour de Cassation ou l’Auditeur Général des FARDC, à chaque violation des normes environnementales, qu’il s’agisse de pollution des eaux, d’exploitation forestière illégale ou de crimes contre la faune.
Pour rappel, dans une analyse publiée le jeudi 13 novembre 2025, l’ONG JUREC avait souligné le fait que les magistrats du Parquet ont pour mission de poursuivre toutes les infractions, y compris environnementales. Pourtant, l’ONG avait constaté que ces infractions sont souvent reléguées au second plan, considérées comme moins graves, ce qui favoriserait une forme d’impunité dans le secteur de l’environnement.
Share this content:
