Un atelier consacré à l’analyse critique du diagnostic du secteur forestier congolais s’est tenu les 18 et 19 décembre à Kinshasa. Organisé par le Conseil pour la Défense Environnementale par la Légalité et la Traçabilité (CODELT) avec l’appui de la fondation suédoise Olof Palme International Center, cette rencontre visait à présenter des pistes d’amélioration du document de la Politique Forestière Nationale (PFN), dont la validation par les parties prenantes est prévue au premier trimestre 2026.
La première journée a été consacrée à mettre en lumière les lacunes du document de diagnostic existant. La seconde a permis une réflexion prospective sur la manière de compléter et de renforcer les éléments manquants pour qu’ils soient intégrés dans la politique finale.
Deux groupes de travail se sont penchés sur des thématiques phares nécessitant un approfondissement : le statut des forêts. La réévaluation des fonctions de gouvernance forestière. La coordination intersectorielle des interventions dans le domaine forestier. Le dispositif de gestion sociale.
Les recommandations formulées sont principalement techniques. Elles visent à combler les lacunes du document actuel en proposant des diagnostics complets et actualisés, tenant compte des évolutions survenues depuis l’entrée en vigueur du Code forestier il y a plus de vingt ans.
En clôture de l’atelier, le Directeur exécutif du CODELT, Me André Kashikisha, a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des contributions.
« Ma conclusion n’est que satisfaction. Nous avons pris le temps d’examiner en profondeur les remarques de fond et de forme contenues dans les documents de diagnostic en circulation », a-t-il déclaré.
Il a précisé la suite à donner :
« Nous allons centraliser les recommandations issues de cet atelier et recueillir davantage d’avis au niveau des provinces. Nos orientations portent sur des questions techniques qui ont été soit effleurées, soit insuffisamment traitées, sans remettre en cause le travail important déjà accompli en amont ».
Les participants saluent une démarche constructive

Éric Bokonji, participant, a expliqué la démarche participative opérée.
« Le travail a consisté à analyser le diagnostic du ministère, base du document de politique. Il fallait identifier les insuffisances, omissions ou éléments peu détaillés pour voir comment les enrichir et s’assurer de leur intégration dans la politique ».
Une autre participante, Myriam Kizimini, a ajouté : « CODELT nous a présenté l’état des lieux. Nous avons émis nos contributions sur des thématiques comme la place des communautés locales ou la réglementation des crédits carbone. Nous avons aussi débattu de la classification des forêts, notamment l’intégration des forêts régénérées et des savanes ».
Pour la suite, le secrétariat du CODELT va désormais centraliser l’ensemble des propositions pour produire un document de contributions. Celui-ci servira à enrichir le processus d’élaboration de la PFN et sera transmis aux instances de coordination en charge du dossier.
L’organisation a également annoncé la tenue prochaine de consultations provinciales afin d’intégrer les réalités et perspectives locales dans les contributions finales, garantissant ainsi une approche inclusive et ancrée sur le terrain.
Bertin Al-bashir
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