La mise en œuvre de la feuille de route Genève-Belém pour le déploiement à grande échelle des Paiements pour Services Environnementaux (PSE) en RDC a fait l’objet d’un atelier d’information ouvert ce lundi 22 décembre à Kinshasa. Organisés par la Direction du Développement Durable (DDD) du ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, ces travaux de deux jours (22 et 23 décembre) visent à partager avec les parties prenantes les outils de communication à développer dans le cadre de cette initiative stratégique.
Des acteurs institutionnels, experts, membres de la société civile environnementale et professionnels de la communication ont pris part à cette activité. L’objectif est de co-construire des outils de communication efficaces, à finaliser avant la tenue d’un atelier national de restitution des activités PSE prévu dans les prochains jours (après la COP30).
Les travaux se sont articulés en deux volets : des présentations thématiques suivies de travaux en groupes. Cette première journée a abordé plusieurs sujets clés. La feuille de route nationale PSE : objectifs, mécanismes et impacts environnementaux attendus; les expériences pilotes et outils de communication PSE existants; le lien entre le processus REDD+ et les PSE; le contenu de la stratégie de communication : cibles, messages clés et canaux à utiliser.
Le Docteur Laurent Nsenga, expert de World Wide Fund for Nature (WWF), a partagé près de vingt ans d’expérience en matière de Paiements pour Services Environnementaux et Climatiques (PEC). Il a présenté plusieurs projets pilotes ainsi que des outils déjà développés (guides méthodologiques, affiches, fiches d’information).
« Les PEC permettent de restaurer les écosystèmes qui fournissent des services essentiels. Ce sont des paiements basés sur les résultats, avec des retombées concrètes : construction d’écoles, de centres de santé, de forages, ou encore soutien à la scolarisation », a-t-il expliqué, soulignant les trois objectifs des PEC : réduire les émissions, améliorer les revenus des populations et protéger la biodiversité.
Il a plaidé pour une communication « renforcée et diversifiée », impliquant davantage les médias (notamment les radios) et passant par des actions de sensibilisation dans les écoles et les églises.
Concevoir des outils adaptés pour plus de transparence

Danely Mitonga Kasulu, Directrice de la DDD, a insisté sur l’impérieuse nécessité de créer des outils de communication adaptés aux bénéficiaires.
« Les bénéficiaires doivent être parfaitement informés du processus de paiement, savoir comment en bénéficier et même comment postuler à un financement. Jusqu’ici, ces outils n’existaient pas. C’est précisément pour les élaborer que nous avons réuni, entre autres, des spécialistes en communication», a-t-elle déclaré.
Elle a aussi mis l’accent sur la transparence pour éviter tout abus.
« Pour éviter les dérives, il est crucial d’expliquer clairement le processus aux communautés. Elles doivent détenir une concession ou une zone où mener des activités de reboisement, de conservation ou d’afforestation ».
La DDD prévoit la mise en œuvre d’un plan de communication national, fondé sur une stratégie déjà élaborée avec l’appui d’un consultant. Cette phase opérationnelle visera à renforcer la sensibilisation auprès des communautés locales et des peuples autochtones.
Il convient de rappeler qu’en janvier 2025, des outils indispensables pour les décideurs et bailleurs, permettant une planification précise et modulable des PSE, avaient déjà été lancés à Kinshasa lors d’une Conférence Interministérielle internationale sur le déploiement des PSE en Afrique centrale.
Bertin Al-bashir
Share this content:
