L’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) a facilité les travaux de l’atelier de la plateforme Biodiversité et Services Écosystémiques (BioSE-RDC) consacré à la présentation de la Stratégie et Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité (SPANB 2025-2030) aux scientifiques et chercheurs. Durant deux jours, les 26 et 27 mars à Kinshasa, ces assises ont été organisées par le Secrétariat Général à l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), avec l’appui du Projet Développement des Capacités des Experts en Biodiversité et Services Écosystémiques en Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est (CABES). L’objectif était de préparer la contribution du monde académique à l’atteinte des objectifs nationaux relatifs à la biodiversité.
Cette rencontre a réuni une cinquantaine de participants venant de différentes institutions d’enseignement supérieur, universitaire et de centres de recherche scientifique des provinces de l’Équateur, du Nord-Kivu, de la Tshopo, du Haut-Katanga et de Kinshasa. Étaient également présents des représentants de l’administration, de la société civile et des peuples autochtones.
La deuxième journée a été marquée par deux grandes sessions. La première a porté sur le renforcement de l’interface scientifique entre l’Institut de Développement Économique et Social (IDES) et l’Agence pour la Gestion de l’Environnement et du Climat (AGEC), afin d’améliorer la production et l’utilisation des connaissances sur le climat et la biodiversité. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer la collaboration entre ces institutions, mais aussi de soutenir davantage les initiatives liées à la lutte contre la désertification. Pour les organisateurs, les participants ont mieux compris le rôle des consortiums comme l’IPBES, qui visent à appuyer la production de données scientifiques et à orienter les politiques publiques.
Une attention particulière a été accordée à l’évaluation nationale des écosystèmes, avec des discussions sur les approches, les méthodologies et les contenus nécessaires à sa mise en œuvre. Cette évaluation devra s’appuyer sur des éléments clés tels que la cartographie, la collecte de données, les capacités techniques et le financement.

« Nous plaidons pour une participation accrue des acteurs de la recherche, notamment à travers la disponibilité des données, le renforcement des capacités de communication et un meilleur accès aux ressources pour la recherche scientifique. Il est également nécessaire de renforcer les plateformes existantes et de promouvoir une approche autonome, tout en rendant les politiques publiques plus sensibles aux recommandations des chercheurs », a souligné Me Félix-Credo Lilakako, Président du Conseil d’administration de l’ONG JUREC et modérateur de l’atelier.
Un document conceptuel et des recommandations concrètes

À l’issue des travaux, un document conceptuel a été élaboré, servant de base à la mobilisation des ressources et à la mise en œuvre d’une évaluation nationale des écosystèmes en RDC. Après des réflexions des chercheurs sur les données sources d’information, les mécanismes d’accès aux données, le partage d’information, le rôle des partenaires ainsi que les potentielles sources de financement, plusieurs recommandations ont été formulées :
- Créer une base de données centralisée pour permettre de protéger les droits des peuples autochtones ;
- Garantir des données accessibles à tous ;
- Désigner des personnes ressources sur le terrain pour collecter les données ;
- Assurer un autofinancement par le gouvernement ;
- Identifier les premiers bailleurs (gouvernement, Parlement, etc.) comme étant prioritairement étatiques ;
- Créer un site Web dédié pour héberger les données et faciliter l’accès des utilisateurs à tout moment.
Sous l’égide du ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du Climat (MEDD-NEC), la RDC a récemment adopté et validé sa nouvelle stratégie pour la période 2025-2030 lors d’ateliers organisés à Kinshasa en juillet 2025. Cette Stratégie et Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité (SPANB 2025-2030) vise à harmoniser la protection de la méga-biodiversité congolaise avec la lutte contre la pauvreté et le développement des communautés locales, y compris les peuples autochtones. Ce document permet au pays de respecter ses engagements vis-à-vis de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
Bertin Al-bashir
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