À l’occasion de la Journée internationale des forêts, célébrée en mars dernier, le Club des Étudiants en Sciences de l’Environnement (CESEN ASBL) en collaboration avec l’ONG Horizons Verts a organisé une journée de réflexion et de sensibilisation, ce mercredi 29 avril au campus de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). L’événement visait à renforcer la sensibilisation aux enjeux climatiques et forestiers, à valoriser le rôle des femmes dans la conservation des écosystèmes et à encourager des actions concrètes en faveur de la durabilité environnementale.
Placée sous le thème « Un arbre, une femme, une vie », cette journée a mis en lumière le rôle crucial des femmes dans la gestion durable des ressources forestières et la lutte contre le changement climatique. Elle a réuni des experts, des acteurs académiques, institutionnels et communautaires, ainsi que des organisations engagées dans la promotion de la place des femmes dans la protection de l’environnement. Parmi les partenaires du CESEN figuraient le Fonds forestier national, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Présidence de la République, à travers son collège Environnement.
Après une conférence-débat suivie d’échanges interactifs avec les participants, l’événement s’est conclu par un projet ambitieux : la plantation de 1 500 arbres sur le site de l’UNIKIN. L’objectif était de sensibiliser la communauté universitaire aux enjeux climatiques et passer à l’action concrète sur le terrain.
Dans son allocution, Liege Mosolo, président national du CESEN ASBL, a rappelé l’importance vitale des forêts pour l’équilibre climatique et la biodiversité.
« Ce que l’on souligne encore insuffisamment, c’est que ces forêts sont, au quotidien, largement entretenues et préservées par les femmes. Dans les milieux ruraux notamment, les femmes assurent la collecte du bois de chauffe, récoltent les produits forestiers non ligneux, transmettent les savoirs traditionnels liés à la nature et adoptent des pratiques durables qui contribuent à la conservation. Elles constituent ainsi la base d’une gestion responsable des ressources naturelles », a-t-il déclaré.

Malgré cette contribution majeure, il a déploré que la place des femmes reste encore insuffisamment reconnue, en particulier dans les instances de décision liées à la gestion forestière.
Liege Mosolo a souligné l’importance de l’engagement des jeunes, et notamment des universitaires, pour transformer les idées en actions.
« Mettre la femme au centre de cette initiative n’est pas un hasard. C’est une reconnaissance de sa capacité à agir, mobiliser, transmettre et impulser des changements durables », a-t-il ajouté.
Un héritage écologique pour les générations futures

Présente à cette assise, Jeannette Musingizi, responsable de l’ONG Logos Premier, a insisté sur la responsabilité collective de léguer un environnement sain aux générations futures.
« On peut illustrer cela par une image forte : avant de placer l’homme sur la Terre, Dieu a préparé un environnement viable, symbolisé par le jardin d’Éden, riche en arbres et en ressources. Cela montre que la vie humaine dépend d’un écosystème équilibré. Car l’arbre est indispensable : sans arbre, pas d’eau ; sans arbre, pas d’ombre ; sans arbre, pas d’équilibre climatique », a-t-elle expliqué.
Pour elle, l’arbre est synonyme de vie. « Dans plusieurs récits spirituels et traditions, l’arbre représente la survie, l’espoir et la continuité de la vie. Il guide, protège et nourrit », a-t-elle martelé.
Elle a également souligné le rôle spécifique des femmes dans les communautés rurales.

« Ce sont majoritairement les femmes qui pratiquent l’agriculture, souvent encore de manière traditionnelle. Elles sont au cœur de la production alimentaire. Mais au-delà de leur rôle agricole, les femmes sont aussi des gardiennes naturelles de la forêt. Par exemple, lorsqu’une femme trouve du miel ou des chenilles dans un arbre, elle ne le coupe pas. Elle cherche plutôt des méthodes pour récolter sans détruire : secouer les branches ou utiliser des techniques qui préservent l’arbre. »
Les participants ont souligné que la préservation des forêts ne peut se faire sans une implication active des femmes, véritables gardiennes du patrimoine naturel. L’ASBL CESEN-UNIKIN, organisation estudiantine engagée dans la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles et la promotion de l’écologie, accompagné de l’ONG Horizons Verts entendent poursuivre leur mobilisation des jeunes universitaires pour des actions de salubrité et de sensibilisation.
Myriam Kasay
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