La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle alerte sanitaire. Les autorités congolaises ont officiellement déclaré, depuis vendredi dernier, une nouvelle épidémie du virus Ebola de souche Bundibugyo, une variante considérée comme moins létale que la souche Ebola Zaïre, mais dont la propagation suscite déjà une vive inquiétude dans plusieurs provinces du pays. Selon les premières données communiquées par les services sanitaires, les foyers épidémiques touchent principalement la province de l’Ituri, notamment quatre zones de santé dont Bunia, ainsi que les villes de Butembo au Nord-Kivu. Un cas suspect a également été signalé à Goma, renforçant les craintes d’une extension de la maladie dans l’Est du pays.
À ce stade, les autorités sanitaires ont recensé 513 cas suspects et 131 décès présumés, des chiffres encore en cours de vérification par les équipes de surveillance épidémiologique déployées sur le terrain. Face à cette situation préoccupante, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, le Dr Samuel Roger Kamba, a voulu rassurer l’opinion nationale et internationale, lors d’une conférence de presse animée à Kinshasa aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya et du Dr Jean-Jacques Muyembe, Directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
À l’occasion, le patron de la santé congolaise a rappelé que la RDC dispose d’une expérience solide dans la gestion des flambées d’Ebola.
« La RDC est à sa 17e épidémie d’Ebola. Nous avons acquis une expertise importante dans la riposte, la surveillance et la prise en charge », a souligné le Dr Samuel Roger Kamba.
Dans ce sens, le ministre a insisté sur le respect strict des mesures de prévention afin de limiter la propagation du virus. Parmi les principales recommandations figurent l’évitement de tout contact avec des personnes présentant des symptômes suspects, la sécurisation des enterrements ainsi que la suspension temporaire de certains rites funéraires traditionnels dans les zones touchées. Les autorités sanitaires mettent également en garde les populations contre la consommation d’animaux retrouvés morts dans la nature et recommandent une cuisson complète de la viande dans les zones à risque.

À cet effet, la gravité de la situation a conduit le président de la République, Félix Tshisekedi, à convoquer une réunion de crise le lundi 18 mai dans la soirée à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa. Cette rencontre d’urgence a réuni plusieurs responsables gouvernementaux et acteurs de la santé afin d’évaluer l’évolution de l’épidémie. Selon la présidence de la
République, le chef de l’État a instruit le gouvernement congolais de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte sanitaire, freiner la chaîne de contamination et assurer une prise en charge rapide des personnes affectées.
En outre, sur le plan international, la mobilisation commence également à s’intensifier. Les États-Unis ont annoncé, lundi 18 mai, une aide d’urgence de 13 millions de dollars destinée à soutenir les efforts de lutte contre cette nouvelle épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda, à travers un document rendu public par le département d’État américain. Pendant que les investigations se poursuivent pour confirmer l’ensemble des cas suspects, les autorités sanitaires appellent la population au calme, à la vigilance et à la stricte observance des mesures de prévention afin d’éviter une propagation à grande échelle de cette nouvelle flambée épidémique.
Onésime Lukau
Share this content:
