L’ONG Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS), dénonce avec la plus grande fermeté les graves violations des droits humains ainsi que les manquements aux textes légaux constatés dans le dossier opposant Franck Eluo Kombe, Président provincial de l’Association pour le développement intégral des peuples autochtones pygmées de Bongandanga (ADIPAB), à la société Booming Green basée dans la localité de Yakata, secteur Boso Simba, territoire Bongandanga en province de la Mongala.
A en croire Roger Nzumbu Moseng, Président National l’ONG Action des Jeunes pour le Bien-être Social, Franck Eluo Kombe, activiste des droits humains et défenseur des peuples autochtones pygmées avait régulièrement saisi le Procureur Général près la Cour d’Appel de la Mongala, en sa qualité de Président de l’ONG ADIPAB, conformément aux dispositions pertinentes de l’article 132 du Code forestier congolais, afin de dénoncer plusieurs faits graves imputés à ladite société.
Il s’agit notamment du non-respect des clauses sociales conclues avec certains groupements de la communauté Mongo Yakata et des délais requis pour le décaissement des fonds de développement local ; de la gestion irrégulière des fonds destinés à la construction des infrastructures socioéconomiques de base et de l’abattage de bois en violation des normes forestières en vigueur, particulièrement le non-respect des diamètres minimum d’exploitation.
Il s’agit également de l’enfouissement clandestin des grumes dans les forêts ; de l’exploitation abusive des essences médicinales et ancestrales protégées, au mépris des droits des communautés autochtones et de la pollution systématique des rivières et cours d’eau causée par le débardage des grumes et d’autres pratiques interdites par la législation forestière.

Ce qui est curieux dans cette affaire est que malgré son statut de Franck Eluo Kombe s’est vu arbitrairement transformé en accusé au cours de la procédure, en violation flagrante de l’article 19 de la Loi n° 23/027 du 15 juin 2023 relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits de l’homme en République Démocratique du Congo qui dispose : « Sans préjudice des lois particulières, le défenseur des droits de l’homme ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé du seul fait des opinions émises ou des rapports publiés dans l’exercice de ses activités ».
En ce sens, l’AJBS rappelle qu’aucune plainte ou dénonciation régulièrement formulée ne peut, en l’absence d’éléments sérieux et légalement établis, justifier des poursuites arbitraires contre son auteur dans le seul but de l’intimider ou de le réduire au silence.
Par conséquent, AJBS dénonce avec vigueur cette arrestation arbitraire ainsi que toutes les violations des droits fondamentaux commises dans ce dossier et réclame la libération immédiate et sans condition de Franck Eluo Kombe, tout en exigeant la cessation immédiate de toute forme d’intimidation, de harcèlement judiciaire ou de pression exercée contre les défenseurs des droits des peuples autochtones et de l’environnement.
En sus, AJBS appelle les autorités compétentes à garantir une justice indépendante, impartiale et respectueuse des droits humains, et demande aux collègues défenseurs des droits humains et environnementaux à travers la RDC et à l’international, de prouver une solidarité inébranlable envers l’activiste Franck Eluo en appuyant une action en justice véritable contre la Société Blooming Green qui doit répondre sans faille de ses actes contraires à la législation nationale relative à l’exploitation forestière et la protection de l’environnement.
La rédaction
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