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Yahuma : quand le ramassage des chenilles fait l’actualité

Il y a des moments très importants et significatifs dans certains coins de la République. À Yahuma par exemple, Chef-lieu du territoire qui porte le même nom, dans la province de la Tshopo, à 314 km de Kisangani, cette période de juillet à août est cruciale pour les communautés locales et populations autochtones. C’est la période de ramassage des chenilles, l’un des produits forestiers non ligneux (PFNL). Tout le monde ou presque et très tôt le matin, entre 7h et 8h, puis l’après-midi, entre 16h et 17h pour cette activité lucrative. Après le ramassage, les chenilles sont, soit grillées, bouillies puis séchées avant d’être mises sur le marché. Mais certaines sont vendues vivantes.

Conserver les forêts pour pérenniser les PFNL

De fil en aiguille, la pérennisation des produits forestiers non ligneux comme les chenilles, les champignons et autres, est synonyme de la conservation des forêts. La lutte contre la déforestation, la dégradation des forêts et la coupe illégale des bois est une nécessité impérieuse pour continuer à prélever les PFNL dans la forêt. Car la disparition de la forêt signifie disparition de ces profits de première nécessité pour les communautés locales et les populations autochtones.

« Le seul arbre bosenge peut produire 7 espèces de chenilles, c’est pourquoi nous encourageons l’agroforesterie et la conservation des forêts teopicales », a indiqué JR Bowela, Coordonnateur national de l’Initiative pour la gestion de l’environnement et de la défense des droits humains (IGED) et Président du conseil d’administration du Réseau national des observateurs indépendants des ressources naturelles (RENOI).

« La plantation des arbres à chenilles contribue substantiellement à la lutte contre le changement climatique et à notre alimentation. Nous sommes donc censés promouvoir la conservation communautaire », a-t-il ajouté.

« Les forêts constituent pour les communautés locales et les populations autochtones, un supermarché, une pharmacie, bref tout pour elles. Détruire les forêts équivaut à détruire leurs moyens de subsistance. Et la forêt ne peut pas être séparée de l’eau, car c’est la forêt qui pompe l’eau et c’est l’eau qui nourrit la forêt », a souligné Marie Dorothée Lisenga, Coordonnatrice de la Coalition des femmes leaders pour l’environnement et le développement durable (CFLEDD) et de Femmes autochtones et communautés locales pour le développement durable et participatif (FACID).

Signalons que la Coordonnatrice de FACID a effectué une mission de vulgarisation et de sensibilisation des peuples autochtones pygmées et des communautés locales, avec l’appui du Forum international des femmes autochtones (FIMI), organisation qui milite pour les droits des communautés locales, la conservation des forêts et les droits humains.

Ruben Ns Mayoni, envoyé spécial à Yahuma (Tshopo)

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