Le jeudi 2 avril 2026 a marqué l’ouverture de la session ordinaire d’Avril au Conseil économique et social de la RDC (CES). À chaque occasion, cette institution consultative de la République, à travers son président, fait l’autopsie de la vie nationale dans ses différents secteurs. Situation politique, économique et sociale, sécuritaire et environnementale, aucun aspect n’a été oublié par le Président Jean-Pierre Kiwakana Kimayala.
Dans le domaine de l’environnement, le président du CES est revenu sur les défis structurels, aggravés par les effets du changement climatique et les pressions humaines. Il a cité les inondations et les érosions urbaines, la vulnérabilité climatique accrue, la pollution liée aux activités minières, la crise des déchets et l’insalubrité urbaine.
« Ces défis ne sont pas des cas isolés et se reposent notamment sur : la gouvernance environnementale insuffisante, l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, les contraintes liées à une urbanisation rapide, les insuffisances en infrastructures d’assainissement et de drainage, la pression démographique et l’insuffisance de financement des politiques climatique », a souligné le Président Jean-Pierre Kiwakana.
Pour le président du CES, cela est dû à l’absence d’une part, d’un cadre légal harmonisé et à l’absence d’une planification urbaine réfléchie, d’autre part.
En ce qui concerne particulièrement les inondations, même si elles sont le résultat du changement climatique, mais elles le sont surtout de l’urbanisation non contrôlée, du non-respect des normes d’aménagement urbanistique, de l’insuffisance des infrastructures de drainage et de la mauvaise gestion des déchets ainsi que des grandes constructions anarchiques, à fait remarqué Jean-Pierre Kiwakana.
D’où la conclusion pour le CES : « les inondations ne sont pas une fatalité en RDC. Elles sont un signal alarmant qui doit nous forcer à changer notre manière de construire, de gérer et de protéger notre environnement ».
S’agissant des forêts, le Président du CES a souligné l’importance de cet écosystème vital pour la survie de la planète. Il a, par ailleurs, rappelé le thème de la journée internationale des forêts du 21 mars, « les forêts et les économies », interpellant et invitant à changer de regard sur cette ressource et à considérer la forêt non seulement comme un patrimoine écologique, mais aussi comme un véritable levier de développement économique.

« La forêt congolaise est un bouclier naturel qui protège les sols contre l’érosion et garantit les cycles de l’eau essentiels à l’agriculture. Elle est en même temps un réservoir de vie abritant une biodiversité exceptionnelle et fournit des moyens de subsistance à des millions de congolais, dont les peuples autochtones pygmées », a indiqué le président Kiwakana, avant d’ajouter:
« Cependant, ce patrimoine stratégique est aujourd’hui confronté à de fortes pressions : déforestation, exploitation illégale, agriculture extensive et activités minières, qui menacent son équilibre et sa durabilité ».
Se basant sur l’étude publiée récemment par les ONG Afrewatch et Fern sur les Minerais stratégiques et forêts de miombo en République démocratique du Congo, le président du CES a souligné que 873.926 hectares de ces forêts ont été détruits dans l’arc cuprifère katangais et le long du corridor de Lobito, en moins de trois décennies sous l’effet direct de l’expansion de l’exploitation du cuivre et du cobalt. Des forêts qui jouent pourtant un rôle clé dans la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et les moyens de subsistance des populations locales.
C’est dans ce sens que face à ces enjeux, le CES a appelé à une réforme des conditions d’investissement et de gouvernance du secteur minier, afin de limiter ses impacts sur les forêts et sur les communautés locales.
« Il est urgent de prendre des mesures pour protéger l’environnement et promouvoir un développement durable et éco-responsable en RDC », a insisté Jean-Pierre Kiwakana.
Pour lui, cela passe entre autres par la mise en place de politiques et de lois efficaces pour protéger les forêts et la biodiversité ; la garantie de normes environnementales et sociales rigoureuses dans tous les financements et investissements miniers ; le soutien au monitoring indépendant des impacts miniers ; la promotion de l’agriculture durable et de l’agriculture climato-intelligente ; le développement de l’énergie renouvelable, notamment l’hydroélectricité ; la sensibilisation et l’éducation des populations sur les enjeux écologiques et le soutien aux initiatives de reboisement et de restauration des forêts.
Ruben Ns Mayoni
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