Le 22 mars dernier a été célébrée la journée mondiale de l’eau, rappelant au monde le rôle essentiel de l’eau et de ses multiples usages, à travers une journée dédiée pour célébrer cette denrée indispensable. Mais l’eau douce, la plus essentielle pour les besoins d’alimentation, manque au monde.
Selon les statistiques, l’eau douce représente environ 2,5 % à 2,8 % du volume total d’eau sur Terre (qui est d’environ 1,4 milliard de km³). Cependant, moins de 1% de cette eau douce est directement accessible à travers les lacs, rivières, nappes phréatiques, le reste étant stocké sous forme de glace ou en profondeur. Entre-temps, l’accès à cette eau douce reste très limité, constituant même une source de conflit dans certains coins du globe.
La République démocratique du Congo est le premier pays du bassin du Congo doté d’immenses ressources hydriques, soit 60% du stock total d’eau de la sous-région. Là aussi, outre la question de l’accès à cette ressource (34% à 42% avec de fortes disparités entre zones urbaines et zones rurales selon des chiffres datant de 2024), celle de la qualité se pose également.
Les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la qualité de l’eau de boisson (4è édition) fixent des normes internationales pour garantir une eau potable sûre, sans risque significatif pour la santé tout au long de la vie. Deux paramètres clés de l’eau potable sont mis en exergue selon l’OMS.
Il s’agit des paramètres bactériologiques : l’eau ne devant contenir aucune bactérie coliforme ou pathogène (0 par 100 ml) et chimique : des limites sont fixées pour de nombreuses substances comme le Nitrate < 50 mg/l et le Mercure < 0,006 mg/l.
Les paramètres physico-chimiques sont notamment le pH (potentiel hydrogène) doit être compris entre 6,5 et 8,5 pour éviter la corrosion ou le tartre, la température, idéalement entre 10•C et 25•C pour limiter la croissance bactérienne, le chlore résiduel de 0,2 à 0,5 pour la désinfection et autres.
Ces directives sont-elles observées en RDC? Telle est la grande question. La Régie de distribution d’eau de la RD Congo reste le seul maître à bord, malgré la libéralisation du secteur. Entretemps, le pays ne dispose pas de structures de contrôle de la qualité de l’eau consommée par la population comme c’est le cas ailleurs, à l’instar de la France où il existe le Centre d’information sur l’eau (CIEau), créé par les professionnels du secteur. Une structure qui facilite l’accès des consommateurs aux données sur la qualité de l’eau.
A certains moments, l’eau sortie du robinet présente des colorations et même laisse des dépôts après l’avoir laissée pendant quelque temps dans un récipient. La qualité de l’eau de la Regideso laisse-t-elle à désirer ? Nous sautons le confirmer avec précision.
Plus encore, cette structure a développé l’application « EauChezMoi », devant permettre de centraliser l’accès à l’ensemble des données publiques disponibles, afin de « renforcer la confiance » des consommateurs.
Connaissance de la ressource

L’eau est une denrée indispensable, mais peu connue, mal gérée et souffre d’un déficit d’experts pour une gestion orthodoxe. C’est ici le lieu de souligner le rôle crucial que jouent les institutions de recherche, d’enseignement universitaire et de renforcement des capacités sur les questions relatives à l’eau.
En ce sens, le Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC) et l’Ecole Régionale de l’Eau de l’Université de Kinshasa (ERE/UNIKIN) s’érigent en rempart pour mener des recherches et former une masse critique d’experts dans les questions des ressources en eau.
L’école régionale de l’eau de l’université de Kinshasa forme une nouvelle génération de gestionnaires des ressources en eau dans le bassin du Congo dans plusieurs spécialisations afin que l’eau ne soit pas une question de conflit mais un facteur de paix et de développement durable.
Ruben Ns Mayoni
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