À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin de chaque année sous le thème : « Les signaux climatiques », le Centre Congolais pour le Droit du Développement Durable (CODED), dirigé par Me Erick Kassongo, appelle les autorités congolaises à transformer leurs engagements environnementaux en actions concrètes et mesurables. Dans une déclaration publiée ce vendredi 5 juin à Kinshasa, l’organisation estime que la République démocratique du Congo, souvent présentée comme un « pays solution » dans la lutte contre le changement climatique grâce à ses vastes forêts tropicales et à son important potentiel hydroélectrique, peine encore à relever les défis environnementaux qui compromettent son avenir.
Dans cette optique, le CODED dénonce notamment l’accélération de la déforestation sur l’ensemble du territoire national. Nonobstant, l’existence de mécanismes internationaux de protection des forêts et de plusieurs partenariats environnementaux, l’organisation observe que l’exploitation forestière incontrôlée, l’expansion agricole non planifiée ainsi que la forte dépendance des ménages au bois-énergie continuent de fragiliser les écosystèmes congolais. Elle attire également l’attention sur ce qu’elle qualifie d’« injustice climatique », caractérisée par la marginalisation persistante des communautés locales et des peuples autochtones dans la gouvernance des ressources naturelles. Pour le CODED, la reconnaissance effective des droits fonciers communautaires demeure un levier essentiel dans la lutte contre la déforestation et la préservation des forêts du bassin du Congo.
En effet, la déclaration revient également sur la situation préoccupante de Kinshasa. Le CODED pointe la prolifération des déchets plastiques dans les rues, les rivières et les caniveaux de la capitale, une réalité qui favorise les inondations récurrentes et accentue les risques sanitaires auxquels sont exposées les populations. Selon l’organisation, l’absence d’une politique cohérente de recyclage et la faible application du principe du « pollueur-payeur » traduisent un déficit de gouvernance environnementale qui appelle à des réformes urgentes.
L’eau et les ressources naturelles au cœur des préoccupations

Le CODED met également en lumière les menaces qui pèsent sur les ressources en eau du pays. Alors que la RDC défend sur la scène internationale son statut de « pays solution », plusieurs cours d’eau et nappes phréatiques subiraient les effets d’activités extractives insuffisamment régulées. Elle dénonce ainsi le paradoxe d’un pays disposant d’immenses réserves d’eau douce, mais dont une part importante de la population n’a toujours pas accès à une eau potable de qualité.
Face à cette situation, le CODED formule plusieurs recommandations à l’endroit du gouvernement. Il préconise notamment l’instauration effective d’un moratoire sur l’octroi de nouvelles concessions forestières dans les zones à haute valeur écologique, l’application stricte de l’interdiction des sachets plastiques à usage unique ainsi que la création d’un fonds national dédié au recyclage des déchets. L’organisation appelle également à accélérer la transition énergétique domestique à travers la promotion des foyers améliorés et du gaz de pétrole liquéfié (GPL), afin de réduire la pression sur les forêts et d’améliorer les conditions de vie des ménages.
Par ailleurs, le Centre Congolais pour le Droit du Développement Durable plaide pour l’introduction du crime d’écocide dans la législation pénale congolaise. Selon son Directeur exécutif, une telle mesure contribuerait à renforcer la lutte contre les atteintes graves à l’environnement et à responsabiliser davantage les acteurs économiques dont les activités portent préjudice aux écosystèmes et aux populations.
Enfin, le CODED invite les autorités nationales à dépasser le stade des déclarations d’intention pour faire de la protection de l’environnement une priorité stratégique.
« Un environnement sain est un droit, le défendre est un devoir », rappelle l’organisation, convaincue que la réponse aux signaux climatiques doit désormais se traduire par des actions fortes au service de la vie, de la justice sociale et du développement durable en République démocratique du Congo.
Onésime Lukau
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