Désigné site Ramsar depuis 2017, le bassin de la Lufira est composé de zones humides, plaines inondables et lacs naturels dans la dépression de la Kamalondo. Situé au sud-est de la République démocratique du Congo (bassin du fleuve Congo), ce site abrite une faune et une flore endémiques exceptionnelles. Il couvre plus de 4,4 millions d’hectares et englobe les parcs nationaux de l’Upemba et des Kundelungu, ainsi que des domaines de chasse.
Dans le cadre de son projet intitulé : « Caractérisation de l’hydrologie de surface des principaux cours d’eau alimentant les zones humides du bassin de la Lufira, site Ramsar situé au sud-est du bassin du fleuve Congo », Docteur Benjamin Kitambo, Enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences et Technologies, Département de Géologie de l’Université de Lubumbashi (Haut-Katanga) et au Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC) de l’Université de Kinshasa, mène une étude pour déterminer la qualité de l’eau des affluents (Lualaba, Lufira, Luvoi, Nkalume-Ngongo, etc.) de ce bassin qui alimentent les écosystèmes aquatiques du bassin de la rivière Lufira. Il entend également déterminer les variations saisonnières du niveau d’eau de surface de ces cours d’eau en relation avec leur qualité.
En tant que milieu humide dont la préservation présente un intérêt international au point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique et hydrologique, le bassin de la Lufira mérite donc une attention particulière. Raison de l’étude menée par cette équipe des chercheurs des Universités de Lubumbashi et de Kinshasa, grâce à une subvention du projet « The Wilderness Project ».
Compte tenu des pressions anthropiques que subit le bassin de la Lufira, notamment l’exploitation minière et la construction de barrages hydroélectriques comme celui de Sombwe, cette étude entend fournir des données devant ouvrir la voie à une prise de décision éclairée afin d’assurer la conservation et l’utilisation rationnelle de ces zones humides face aux menaces anthropiques.
Situation de la zone d’étude

Selon les données fournies par le Secrétariat de la Convention de Ramsar et les études antérieures, ces zones vitales fournissent d’énormes services écosystémiques. Entretemps, plus de 100 000 ménages vivent à proximité de la dépression de Kamalondo et dépendent principalement de la pêche pour leur alimentation et leurs revenus. D’où, toute modification de l’hydrologie des principaux cours d’eau alimentant la zone menacerait ces écosystèmes aquatiques et, par conséquent, les moyens de subsistance des populations locales.
Ces chercheurs procèdent ainsi à des prélèvements in situ des données physico-chimiques de l’eau, notamment la température, le potentiel hydrogène (pH), la turbidité et les matières solides en suspension, des mesures effectuées à chaque exutoire (lieu par lequel une rivière se jette dans une autre) des cours d’eau se jetant dans la dépression de la Kamalondo, avant les analyses en laboratoire des éléments traces métalliques dans les échantillons d’eau et de sédiments prélevés à chaque exutoire ciblé.
Par ailleurs, il convient également de noter que d’autres mesures, notamment du niveau d’eau de surface grâce à l’altimétrie spatiale sont effectuées au niveau des stations virtuelles (point d’intersection entre une trace au sol du satellite et un cours d’eau) de chaque cours d’eau ciblé par l’étude.

Signalons que deux doctorants travaillant sur la problématique de la qualité de l’eau dans la région de la Lufira sont associés à ce projet. Il s’agit de l’Assistant Clément Kalombo de la Faculté d’Agronomie de l’Université de Lubumbashi et de l’Assistant Pachris Kapanga de l’Université de Kinshasa à travers le Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC).
Ce qui soutient que ce projet est bénéfique, non seulement pour ces chercheurs, mais aussi et surtout pour les communautés locales de cette contrée qui dépendent de ces écosystèmes pour leurs besoins de subsistance.
Ruben Ns Mayoni
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Vraiment intéressant, une étude dont la nécessité est remarqué et incite une attention particulière
Merci pour l’interet