Ce 5 juin 2026, le monde a célébré la journée mondiale de l’environnement sous le thème : « Maintenant pour le climat », mettant ainsi l’accent sur l’urgence de l’action climatique. Saisissant cette opportunité, l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) estime qu’il est opportun pour la RDC de consacrer le mois de « juin » comme mois de l’environnement aux fins de sensibiliser, de réfléchir et de mobiliser autant d’actions en faveur de l’environnement en général, et de lutter contre les changements climatiques en particulier, comme cela se fait un tant soi peu avec le mois de la femme.
A en croire l’ONG JUREC, cette consécration devra être pérenne peu importe le changement qui peut intervenir à la tête du Ministère ayant l’environnement dans ses attributions. Le plaidoyer de JUREC se justifie par le fait que la RDC a adopté depuis un certain temps une posture de se présenter comme « Pays-solution » sur base de son immense massif forestier, son dense réseau hydrographique, son potentiel énergétique et ses minerais stratégiques.
La RDC se distingue également par le fait qu’elle a, d’une part, ratifié plusieurs conventions en rapport avec le climat, notamment la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et d’autre part, d’avoir harmonisé progressivement son arsenal juridique interne avec l’un des textes juridiques principaux, à savoir, la Loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement telle modifiée et complétée à ce jour.
Tout en reconnaissant les efforts de l’Etat dans la mise en œuvre des textes et accords internationaux relatifs au changement climatique, JUREC invite cependant l’Etat Congolais à plus d’actions pour le climat. Car selon l’ONG, plusieurs obstacles empêchent la RDC de mener des actions efficaces pour le climat, dont l’absence d’une politique et d’une loi spécifique sur les changements climatiques, la difficulté ou la faible mise en œuvre de la Contribution déterminée à l’échelle nationale (CDN).
Est également pointé du doigt, la forte dépendance des financements extérieurs dans la lutte contre les changements climatiques, l’absence des considérations climatiques dans les politiques publiques, l’absence dans le budget de l’Etat des moyens financiers sur le climat,l’ignorance de la question climatique auprès de plusieurs parties prenantes.
Ainsi, JUREC souligne la nécessité d’agir de toute urgence pour résoudre les problèmes pressants de manque d’actions face à la pollution et aux effets du changement climatique, et ne plus subir ces derniers.
En tant qu’organisation non gouvernementale spécialisée sur les questions juridiques environnementales et institutionnelles, JUREC a adressé des recommandations aux parties prenantes.
Au Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, JUREC recommande entre autres, l’organiser d’une table ronde de mise en œuvre des trois conventions de RIO sur l’environnement (Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, la Convention sur le Diversité Biologique et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre le Désertification); d’évaluer les appuis des Partenaires Techniques et Financiers en matière de climat et d’adopter la politique sur le changement climatique.
JUREC recommande egalement l’adoption d’une loi spécifique sur le changement climatique et l’intégration de la question des finances climatiques dans le budget national.
Aux organisations de la société civile, JUREC recommande de renforcer les mécanismes de sensibilisation de la population sur les questions liées au changement climatique.Aux universités et centres de recherche scientifique, d’encourager et mener des recherches sur la question du changement climatique et de publier les résultats des recherches sur la question de changement climatique.
Enfin, aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF), d’accompagner le Gouvernement dans les efforts de lutte contre les changements climatiques du point de vue législation et d’appuyer les organisations de la société civile dans la vulgarisation des questions ayant trait aux changements climatiques.
Par ailleurs, JUREC réaffirme son engagement à accompagner l’ensemble de parties prenantes dans la consécration du mois de Juin comme mois de l’environnement et de mener des actions pour l’adoption de la politique et la loi sur le changement climatique.
Ruben Ns Mayoni
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